mardi 31 juillet 2007

Génocide 94, perpétré par Hutus contre Tutsis ?

Le Devoir
LIVRES, samedi 21 avril 2007, p. f7
Histoire
Nouvelles réflexions sur le Rwanda

Le, Devoir

Pendant la récente campagne électorale, la tragédie rwandaise de 1994 est revenue dans l'actualité québécoise. En accusant le
candidat péquiste Robin Philpot de «négationnisme», le journal La Presse a relancé le débat. Fallait-il, oui ou non, réduire les
événements de 1994 à un génocide perpétré par les Hutus contre les Tutsis?

Dans La Véritable Histoire des génocides rwandais, un essai paru dans une version revue et augmentée en 2006, le chirurgien et
politicien français Bernard Debré présente sa version des faits. Il s'agit d'une intéressante contribution à ce débat.

Ce ne sont pas, écrit Debré, les colonisateurs qui ont créé les divisions ethniques au Rwanda. Elles étaient préexistantes à la
venue des Européens. Jusqu'au XXe siècle, la minorité tutsie, convaincue de sa supériorité, tenait le haut du pavé. L'arrivée des
missionnaires belges dans le pays contribuera à réveiller la conscience politique des Hutus, mais les élites belges choisiront
néanmoins d'appuyer le pouvoir tutsi. En 1955, on assiste à un changement de programme. Le colonisateur se tourne vers les
Hutus en quête de pouvoir. Ces derniers laissent alors libre cours à leur haine des Tutsis. En 1959, le sang coule: «Ces
massacres représentent le premier génocide anti-Tutsi perpétré par les Hutus.»

En 1962, l'indépendance est proclamée, mais les tensions ne s'apaisent pas. Dans les trois décennies suivantes, en représailles
contre les Tutsis qui tentent de reprendre le pouvoir, les Hutus se livrent à des massacres qui entraînent l'exode de milliers de
Tutsis. Réfugiés en Ouganda, un pays appuyé par les Américains, les exilés tutsis s'organisent et tenteront, à partir de 1990, de
reprendre le pouvoir au Rwanda. De manière ambiguë, les forces françaises interviendront pour sauver le régime en place, mais
les raids incessants du FPR, l'armée tutsie de l'extérieur, stimuleront le racisme des Hutus. Les médias proches du pouvoir
lancent des appels au génocide. Le 6 avril 1994, l'avion du président hutu Habyarimana est abattu. Pour Debré,
il ne fait pas de
doute que c'est le FPR de Kagamé qui est responsable de cet attentat. Ce geste vise à susciter le chaos qui justifiera sa guerre
de «libération».

Les massacres systématiques de Tutsis de l'intérieur commencent le lendemain. Faut-il parler de génocide? Oui,
répond Debré sans hésiter
. Ce déchaînement de violence était planifié, organisé. Toutefois, «tout le peuple hutu n'est pas
coupable de génocide, bien que ce soit ce que veut faire croire l'armée tutsie». L'ONU, quant à elle, «participe au génocide en
décidant de ne pas agir».

Pour plusieurs, l'histoire finit là. Selon Kagamé, en juillet 1994, «la guerre est finie». Faux, réplique Debré: «
Le nettoyage
ethnique organisé par les Tutsis se révèle aussi brutal et organisé que le génocide perpétré par les Hutus.
» Le Zaïre de
Kabila, appuyé par Kagamé et les Américains, y contribue, en pourchassant les réfugiés hutus.

Aussi, conclut Debré, «deux génocides ont été commis, et la première puissance du monde voudrait qu'il n'y en eût qu'un, parce
que tel est son intérêt». Quant à la France, si elle a fait fausse route en appuyant une démocratisation à l'occidentale du Rwanda
qui ne pouvait mener qu'à une «dictature de l'ethnie la plus nombreuse», on ne peut l'accuser de complicité de génocide. Sa
volonté d'empêcher les massacres ne fait pas de doute, mais la communauté internationale lui a mis les bâtons dans les roues. Le
Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), pour sa part, se discrédite en s'obligeant à n'«enquêter que sur des faits qui
se sont produits avant le mois de juillet 1994».

Une nouvelle version des faits

Expert auprès du TPIR et spécialiste de l'histoire de l'Afrique, Bernard Lugan va beaucoup plus loin que Debré dans sa relecture
des faits. Dans Rwanda. Contre-enquête sur le génocide, il remet radicalement en question la version officielle des événements
mise en avant par le TPIR et à laquelle il a déjà adhéré. Depuis 10 ans, écrit-il, «l'historiographie du génocide a été renouvelée en
profondeur», notamment grâce aux témoignages d'anciens du FPR, et elle impose de nouvelles hypothèses troublantes.

Ainsi, selon Lugan,
l'attentat contre l'avion du président Habyarimana est bien le fait du FPR. De même, plusieurs
assassinats de responsables hutus modérés, entre 1991 et 1994, jusqu'à maintenant attribués au régime
d'Habyarimana, auraient été ordonnés par le FPR. Les milices extrémistes hutues auraient été infiltrées par les
hommes de Kagamé dans le but de «provoquer le chaos afin de créer l'irréversible et de discréditer les Hutus aux yeux
de l'opinion internationale»
.

Sur la question du génocide comme tel, Lugan n'hésite pas à contester la version du TPIR: «Dans l'état actuel des
connaissances, il y a donc bien eu génocide, mais ni préméditation, ni planification. [...] Il a commencé dans certaines régions
du Rwanda sous forme de crise de folie collective éclatant à la suite de l'assassinat du président Habyarimana et de la reprise de
la guerre par le FPR.» Quant aux tueries de Hutus commises par le FPR, elles relèveraient, selon Lugan, de crimes de guerre ou
de crimes contre l'humanité et ne pourraient être qualifiées de «génocide».

Une autre facette de ce dérangeant et substantiel ouvrage intéressera les lecteurs québécois: celle qui concerne le rôle du général
Dallaire. L'historien ne lui fait pas de cadeau. Il le présente comme trop «fragile», velléitaire, et conteste sa neutralité en
suggérant qu'il aurait été trop près du FPR. Il évoque «son interventionnisme brouillon, son manque de méthode et son
incompétence». Il affirme que la source sur laquelle il s'est fondé pour annoncer la planification du génocide est douteuse, n'a
pas été vérifiée et serait liée au FPR.

Si Lugan a raison - une hypothèse qu'on laissera ouverte et soumise aux experts compétents -, la version majoritairement
partagée du génocide rwandais est à revoir. Il importe toutefois de noter que Lugan est un universitaire qui ne fait pas
l'unanimité. Dans un article contesté, l'encyclopédie Wikipedia associe cet africaniste à l'extrême droite et souligne que ses
travaux sont très controversés.

Collaborateur du Devoir

***

La véritable histoire des génocides rwandais

Bernard Debré

Jean-Claude Gawsewitch éditeur

Paris, 2006, 208 pages

Rwanda

Contre-enquête sur le génocide

Bernard Lugan

Privat

Toulouse, 2007, 336 pages

lundi 30 juillet 2007

Immigrazione dall’Italia Meridionale
di Nicola Colella

Riuscite ad immaginare che cosa significhi dire addio alla propria famiglia, alla propria casa e agli amici? Partire per un paese straniero, senza conoscerne la lingua, e con pochissimi soldi, in pratica nessuno? Chi sarebbe disposto a fare una cosa del genere? Perché mai qualcuno dovrebbe fare qualcosa di così drastico?

Quella che segue non è una “bella storia.” È comunque una STORIA VERA, che finisce bene, e che deve essere raccontata, e raccontata in continuazione perché le generazioni future non dimentichino. E’ la storia dell’emigrazione delle nostre famiglie in America…perché vennero e cosa significò per loro vivere là.


Andare in America

La maggior parte degli immigrati non partì mai col progetto di stabilirsi definitivamente in America. C’è addirittura un'espressione coniata appositamente per gli italiani: ”Uccelli di passaggio” in quanto il loro intento era di venire come lavoratori migranti. Nonostante il 75% degli immigrati italiani fossero agricoltori in Italia, non aspiravano ad esserlo negli Stati Uniti (in quanto questo implicava una permanenza che non era nei loro piani). Al contrario, si diressero verso le città dove c’era richiesta di lavoratori e dove le paghe erano relativamente alte. Molti uomini lasciarono a casa mogli e bambini, perché convinti di ritornare (e molti, moltissimi lo fecero). In ogni caso, per molti immigrati italiani l’emigrazione non fu mai da intendere come un ripudio dell’Italia. In effetti, essa rappresentò una difesa dello stile di vita italiano, in quanto i soldi spediti a casa aiutavano al mantenimento della struttura tradizionale. Piuttosto che una sistemazione permanente, cercavano in città la possibilità di lavorare per un salario (relativamente) alto, così da risparmiare abbastanza da poter tornare in Italia a condurre una vita migliore. Fatto certamente lodevole, anche considerate le difficili condizioni di vita dell’Italia meridionale in quei tempi. Queste condizioni furono il risultato di molti fattori diversi.

La Storia

La maggior parte dell'immigrazione italiana venne dall'antico Stato indipendente e sovrano del Regno delle Due Sicilie. Il Regno delle Due Sicilie fu invaso nel 1860 ed occupato militarmente, senza dichiarazione di guerra, dal regno piemontese dei Savoia (Regno di Sardegna). Seguirono dieci anni di guerra civile sanguinaria, durante la quale furono assassinati circa un milione tra Napoletani e Siciliani. Tutto il patrimonio monetario fu rapinato dalle casse dello Stato delle Due Sicilie e perfino i macchinari delle fabbriche napoletane furono portati al Nord dove in seguito sorsero le industrie del Piemonte, della Lombardia e della Liguria (il cosiddetto "triangolo industriale"). A questo si aggiunse poi la depressione economica causata dalle politiche colonizzatrici dell'Italia "unita." Per molti Napoletani e Siciliani l'unica via di salvezza fu l'emigrazione.

(Il paragrafo suddetto e la cartina dell'Italia del sud per gentile concessione dell' Associazione Culturale Due Sicilie)

Sebbene i problemi dell’Italia meridionale possano essere attribuiti al suo sfruttamento da parte della sua stessa gente, non credo che sia corretto (e storicamente provato) addossare unicamente alla popolazione settentrionale l’intera responsabilità per tali sofferenze. Infatti, per secoli, tutta la penisola italiana fu divisa in stati feudali, e spesso le potenze straniere avevano il controllo sopra uno o molti di questi stati. In una tale situazione caotica, il sistema feudale regolava il sistema economico. In particolare, il sistema feudale permetteva che la proprietà terriera, tradizionalmente ereditaria, determinasse il potere politico e lo status sociale di ogni individuo. In questo modo, le classi povere non ebbero praticamente alcuna possibilità di migliorare la propria condizione. Ma, senza dubbio, il popolo del Sud dovette sopportare un maggior numero di difficoltà rispetto a quello del nord. Il governo Italiano era dominato dai rappresentanti del Nord, e il Sud era gravato da alte tasse e tariffe protezionistiche sui prodotti industriali settentrionali. Inoltre, molti dei problemi dell’Italia meridionale possono essere attribuiti alla mancanza di carbone e minerale di ferro, indispensabili all’industria, all’estrema scarsità di terra coltivabile, all’erosione del suolo e alla sovrappopolazione. Al Nord, invece, un alto tasso d’industrializzazione comportò meno povertà e difficoltà in campo agricolo. Come se non bastasse, diversi disastri naturali sconquassarono l’Italia meridionale all’inizio del 20° secolo: il Vesuvio eruttò seppellendo un’intera città vicino a Napoli e si ebbero l’eruzione dell’Etna, il terremoto del 1908 e la marea che irruppe nello Stretto di Messina uccidendo più di 100.000 persone nella sola città di Messina.

La Vita in un Nuovo Mondo

E così…giungemmo in America, a centinaia su centinaia di migliaia, fino a quando non fummo più di quattro milioni. Affrontammo la povertà, la discriminazione e l’isolamento dovuti al fatto di essere in una terra straniera. La maggior parte degli immigrati era molto giovane quando venne in questo paese. Scoprirono che non solo le strade non erano lastricate d’oro, ma che erano proprio loro quelli che dovevano lastricare quelle strade. Venimmo in un luogo che ci trattava da persone inferiori. Venivamo considerati sporchi e stupidi, perfino “di colore”. Imparammo ad adattarci, ad andare d'accordo col resto della popolazione , e a nascondere la nostra nazionalità straniera; ma, non smettemmo mai di essere orgogliosi di ciò che eravamo e del luogo da dove venivamo. La struttura dominante della società tentava di umiliarci, ma noi continuammo a testa alta. Imparammo una seconda lingua, trovammo un lavoro, ci riunimmo in associazioni e comprammo case nostre. Imparammo a farcela nonostante il pregiudizio. Ci sostenemmo a vicenda e facemmo addirittura in modo di conservare il nostro stile di vita in Italia mandando a casa grandi quantità di denaro. Negli Stati Uniti, gli Italiani si mobilitarono per preservare la loro cultura. Nei quartieri Italiani fiorirono molti negozi ed attività gestite da italiani. Gli italiani si abituarono a comprare da altri italiani. Mantenemmo il nostro denaro entro la comunità e prosperammo. Mi ricordo che mio padre non avrebbe mai comprato da un “medigan” (americano) se avesse potuto farlo da un Italiano. Nelle maggiori città vennero pubblicati giornali Italo-Americani, si formarono società di fratellanza e di aiuto agli immigranti – ad esempio i Figli d’Italia ecc..-. Tutto questo favorì ampiamente il costante sbarco d’immigrati che, oltre alla forte concezione italiana del lavoro, portarono balli, musica, e cibo! Oggigiorno, infatti, gli alimenti italiani stanno alla base della dieta americana.

Little Italy New York City Circa 1905

dimanche 29 juillet 2007

Armi: boom per l'export italiano nel 2006


Armi: boom per l'export italiano nel 2006. La nuova classifica delle "banche armate": in testa San Paolo-Imi, ma c'è ancora Banca popolare di Milano. Un'esclusiva di Altreconomia

È ancora San Paolo-Imi la regina delle “banche armate
”. Nel 2006 sui conti dell'istituto torinese sono transitati ben 446 milioni di euro frutto di transazioni internazionali per la compravendita di armi.

L'anno precedente erano 164 milioni. Secondo i primi dati del rapporto introduttivo alla Relazione della Presidenza del Consiglio sull'export italiano di armi, diffusi da Altreconomia in esclusiva, San Paolo ha canalizzato circa un terzo dei flussi di cassa del settore, che nell'ultimo anno sono cresciuti del 32% circa, passando da 1,125 a 1,492 miliardi di euro.

A seguire le altre tra cui il gruppo BNP-Paribas, Unicredit, Banca nazionale del lavoro (Bnl), Banca Intesa, Banco di Brescia ed anche Banca popolare di Milano.

Lo scorso anno c'è stata anche un'impennata in quanto a nuove autorizzazioni alle transazioni, che crescono del 61%, passando da 1,36 a 2,19 miliardi di euro. Dietro l'exploit ci sono alcune grandi commesse, come il contratto per gli elicotteri militari Usa di Agusta (nella foto, l'elicottero che diventerà Marine One), che vola fino a 810 milioni di euro di vendite (il 38% circa del totale italiano).

di Francesco Vignarca


Export di armi: il valore delle nuove transazioni autorizzate

La prima relazione sull'export italiano di armi del governo Prodi, più puntuale del passato ma ancora incompleta, presenta dati dirompenti, in quantità e qualità. Il valore complessivo delle autorizzazioni all'esportazione rilasciate nel 2006 sale infatti a ben 2,19 miliardi di euro, contro gli 1,36 miliardi del 2005. Si tratta dei volumi più alti degli ultimi 10 anni, che superano di poco il picco del 1999.

Scorporando i dati in fasce di importo si conferma la tendenza ad avere molti contratti di piccole dimensioni (ben il 96% è relativo a materiali di valori inferiori ai 10 milioni), mentre il peso maggiore in termini finanziari lo si ha con pochi contratti “formato maxi” (sono 12, il doppio dello scorso anno, corrispondenti all'1,4%). Queste autorizzazioni molto remunerative fanno la parte del leone nella torta degli introiti previsti, sfondando il muro del miliardo e cento milioni di euro e superando il 50% del totale (contro il 27% dello scorso anno). Anche per quanto riguarda le esportazioni definitive, conseguenti alle autorizzazioni degli scorsi anni, si è avuta una crescita del 12% con un importo complessivo di 937 milioni di euro.



Le aziende: chi sono i campioni dell'export


I principali campioni dell'export bellico italiano sono sempre gli stessi: Agusta, Alenia, Oto Melara, Avio, Selex... tutti in qualche modo gravitanti nella galassia Finmeccanica. In particolare, la palma del migliore esportatore va ad Agusta che, forte anche del contratto per gli elicotteri militari Usa, vola fino ad 810 milioni di euro di vendite (il 38% circa del totale italiano). Agusta si conferma come lo scorso anno in testa alla classifica, ma aumenta di ben 4 volte e mezzo il valore complessivo dei propri affari con l'estero. Le altre aziende, però, non possono certo lamentarsi: Alenia Aeronautica triplica il proprio export, mentre Oto Melara e Avio lo raddoppiano quasi.



Dove finiscono le nostre armi

Per quanto riguarda i Paesi destinatari dei nostri prodotti bellici e militari, si confermano sostanzialmente le fette di mercato degli ultimi anni: il 63% verso i Paesi della Nato o dell'Ue, e il restante per i Paesi fuori Unione o fuori Alleanza. Tra i primi, ai vertici della classifica troviamo gli Stati Uniti d'America (sempre per l'affare degli elicotteri, per un totale di 350 milioni), seguiti da Polonia (227 milioni), Regno Unito (160 milioni) e Austria (152 milioni). Da soli i Paesi appartenenti alla Unione europea e alla Nato hanno messo insieme consegne di armi italiane superiori al totale complessivo esportato nel 2005 (1396 milioni contro 1360 milioni). Dati interessanti derivano invece dall'analisi delle esportazioni avvenute verso nazioni non Ue e non Nato. Al vertice troviamo gli Emirati Arabi Uniti (secondi anche nella speciale classifica delle operazioni di esportazione definitiva), che riceveranno ben 338 milioni di euro di armamenti made in Italy.

I ricchi petrolieri del deserto hanno ordinato in Italia armi o sistemi d'arma di calibro superiore ai 12,7 millimetri, bombe, siluri, razzi, missili (con relativi accessori), navi da guerra e aeromobili. Senza dimenticare apparecchiature elettroniche e di collaudo e munizioni varie. Un carrello della spesa bello pieno, solo di poco inferiore a quello Usa. Molto più distanti, tutti al di sotto degli 80 milioni di euro, gli altri Paesi di questo gruppo, per i quali le nostre aziende hanno ricevuto le prescritte autorizzazioni.

Nella lista ci sono nomi poco rassicuranti: l'Oman (78 milioni per una nazione così piccola?), la Nigeria (teatro recentemente di sequestri ai danni di tecnici italiani dell'Eni), la Corea del Sud incuneata in una delle aree più delicate del pianeta. In attesa di capire, con la pubblicazione delle tabelle integrali, quali tipi di arma siano finiti nelle varie destinazioni, è utile citare altri Paesi rilevanti per l'export in area non-Ue/non-Nato: India e Pakistan, con la solita suddivisione quasi ecumenica (27 milioni a 22), il Venezuela e poi Libia e Singapore.
Pur con l'incapacità di coprire ogni aspetto dell'intermediazione e con tutti questi buchi di fondo (già illustrati da Altreconomia lo scorso anno nell'articolo “Tutti i buchi della lista”, http://www.altreconomia.it/index.php?module=subjects&func=viewpage&pageid=356) la lista delle “banche armate” continua ad assumere un'importanza fondamentale nel denunciare le forti contraddizioni di un comparto produttivo italiano per il quale sembra valere come sempre il motto latino “pecunia non olet”. I dati del 2006, che anche in questo caso dovranno essere poi incrociati con tutti i dettagli relativi a destinazioni e sistemi d'arma, mostrano da subito alcune tendenze interessanti. Complessivamente, c'è stato un incremento del 6% delle autorizzazioni a operare rilasciate agli istituti di credito da parte del ministero delle Finanze. In termini monetari, ciò comporta un balzo nelle transazioni relative a esportazioni definitive di armamento: da 1125 milioni si passa a 1492 milioni di euro (incremento del 32% circa). In pratica le banche hanno avuto maggiori possibilità di operare nel comparto dell'export bellico, come conferma pure il dato globale sui flussi finanziari in calo dal 2004 al 2005 (2012 milioni contro 1775) ma in forte risalita nell'anno successivo quando si è arrivati a 2,27 miliardi di euro.



Cresce il ruolo delle filiali di banche estere

Continua il trend che vede le banche estere con filiali operanti in Italia accrescere la propria quota di questo mercato: 17% nel 2004, poi 35% nel 2005 e infine 38% nel 2006. In questi mesi si sono levate voci allarmate per l'erosione della leadership italiana su questi affari, gridando alla perdita di controllo politico e sociale causata dalla troppa pressione operata dalle campagne e dai soggetti del mondo del disarmo. Quasi a dire che gli affari delicati è meglio “farli in casa” così almeno possiamo sapere qualche dato in più. I dati sembrerebbero dare ragione a tali paure, ma a discapito di queste profezie allarmistiche va un'analisi più particolareggiata dei numeri. Tra il 2005 ed il 2006 la fetta di flussi finanziari controllata dagli istituti di credito italiani è passata, in termini assoluti, da 1145 milioni di euro a 1395 milioni di euro. Nonostante le campagne, gli articoli e le pressioni di associazioni e organismi della società civile... Come a dire che, nonostante non si sia ritornati ai livelli del 2004, anche le banche tricolori stanno riprendendo a fare i loro buoni affari di transazione e che l'aumento della quota straniera si deve solo al fatto che “c'è più trippa per tutti”, visto l'incremento complessivo già analizzato.



La nazionale delle “banche armate”

I protagonisti della partita sono sempre gli stessi: il gruppo SanPaolo-Imi incrementa in maniera esponenziale la propria quota passando da 164 milioni di transazioni a ben 446 milioni. Anche il gruppo Bnp-Paribas supera la quota massima dello scorso anno, attestandosi sui 290 milioni di euro. Questi due istituti coprono da soli praticamente la metà delle transazioni dovute a esportazioni definitive. A seguire vengono Unicredit (in flessione del 15%), la Banca nazionale del lavoro (+33%), Deutsche Bank (-14%), Banco di Brescia (con uno sbalorditivo +95%) e Commerz Bank (in crescita dell'85%).

Tutte queste banche si piazzano in una fascia dai 74 agli 87 milioni di euro di transazioni. La Banca popolare italiana, che passa da 14 a 60 milioni, guida il gruppo di tutte le altre inseguitrici dai 60 milioni di euro in giù. Preoccupa in questa fascia la ripresa delle autorizzazioni su Banca Intesa che aveva annunciato un cambio di politica negli scorsi anni ma passa da 163.000 euro a 46 milioni, e che ora dovrà affrontare la sfida della fusione con SanPaolo-Imi. Problematica risulta pure la presenza di Banca popolare di Milano (17 milioni di euro -50% dallo scorso anno), al centro di una grossa discussione insieme a Banca Etica di cui è socia fondatrice e per la quale opera anche all’interno di Etica Sgr e della gestione fondi.

Va infine notata la drastica discesa delle autorizzazioni riferite a Banca di Roma, circa 100 milioni di euro in meno in un anno (da 133 a 36), così come spariscono in pratica alcuni istituti di respiro più locale legati a commesse particolari e forse episodiche (Cassa di risparmio della Spezia). Nel complesso un mercato italiano degli armamenti in piena salute e capace di valorizzare al meglio la crescita di impatto e di forza del colosso nazionale Finmeccanica. Spesso e volentieri non considerando pienamente indicazioni e riflessioni di carattere sociale e politico, come invece prescrive in modo chiaro e trasparente la nostra legislazione, magari non perfetta... magari da migliorare... ma checi permette ancora -e come ogni anno- di condurre le nostre opportune riflessioni a partire da dati certi e incontrovertibili.

jeudi 26 juillet 2007

Afrocentrisme(Wikipedia)

En général, les principaux auteurs du courant de pensée dit afrocentrique récusent le terme d'« afrocentrisme ». Ce dernier leur a été assigné par certains de leurs détracteurs africanistes[1], c'est-à-dire -selon Théophile Obenga- les spécialistes « étrangers » des études africaines[2]. D'ailleurs, Asante Kete Molefi qui a configuré cette tradition intellectuelle l'a renommée « afrocentricity »[3], plutôt que « afrocentrism ». Toutefois, stricto sensu on comprend « afrocentricité » comme un paradigme de connaissance africaine du monde en général, de l'Afrique et ses diasporas particulièrement ; tandis qu'« afrocentrisme » consisterait dans une manière d'être, de penser ou d'agir selon ce paradigme.

Selon Ama Mazama,

« L'Afrocentricité est l'une des réponses forgées par les Africains afin de remédier à la situation de dépendance dans laquelle nous nous trouvons, en dépit d'une indépendance nominale. [...] Ce qui définit donc l'afrocentricité, c'est le rôle crucial attribué à l'expérience historique, sociale et culturelle africaine prise de façon systématique et consciente comme ultime point de référence. Cela a deux conséquences immédiates. La première est que l'Afrique est autoréférentielle. [...] La deuxième conséquence est que l'expérience africaine n'a pas besoin d'être légitimée et validée de l'extérieur, et sûrement pas par l'Occident.[...] Il est important de bien comprendre, cependant, que l'Africanité et l'Afrocentricité ne sont pas synonymes. L'on peut être africain, en fait l'on est souvent africain sans être afrocentrique. A l'inverse, l'Afrocentricité subsume l'Africanité et assume vis-à-vis de celle-ci une attitude pro-active.[4] »

Le courant de l'afrocentricité serait donc une tentative africaine (Afrique et diaspora africaine) d'autodétermination épistémologique, culturelle, politique, économique, etc. par rapport à l'occidentalisation du monde : des manières de pensée, d'être et d'agir.

Human Rights Watch dénonce des «exécutions» de détenus

Human Rights Watch dénonce des «exécutions» de détenus
(Cyberpresse 25/07/2007)


L'organisation de défense des droits de l'Homme basée à New York, Human Rights Watch (HRW), a affirmé mardi que la police rwandaise avait tué au moins 20 prisonniers depuis novembre 2006 et appelé à une enquête indépendante sur ces «exécutions».

Dans le résumé d'un rapport de 37 pages publié mardi, HRW affirme que «des officiers de la police nationale rwandaise ont tué par balles au moins 20 détenus lors de 10 incidents entre novembre 2006 et mai 2007», ajoutant que «beaucoup de ces meurtres semblent être des exécutions extrajudiciaires».

«Le Rwanda affirme qu'il fait des efforts pour mettre en place un état de droit», affirme Alison Des Forges, responsable du département Afrique de HRW.

«Tuer des détenus n'est pas le moyen d'y parvenir. La police nationale rwandaise doit faire en sorte que ces meurtres cessent», a-t-elle réclamé.

HRW demande également que ces meurtres «fassent rapidement l'objet d'une enquête (...) indépendante et impartiale».

Selon l'organisation, le chef de la police nationale rwandaise, Andrew Rwigamba, a reconnu la mort de ces 20 détenus dans un communiqué envoyé à HRW.

Tous les détenus ont été tués par balles alors qu'ils tentaient de s'échapper ou en tentant de dérober des armes à des policiers, et des enquêtes sont en cours, affirme le chef de la police cité dans le résumé du rapport.

Selon HRW, certains des détenus tués étaient accusés de crimes contre des survivants du génocide de 1994 au Rwanda ou contre des personnes impliquées dans le processus des «gacaca», les tribunaux populaires chargés de juger les auteurs présumés des massacres de 1994.


Agence France-Presse

Nairobi

mercredi 25 juillet 2007

Murigande boude Mbusa Nyamwisi

Murigande boude Mbusa Nyamwisi
(L'Avenir Quotidien 25/07/2007)


* A l’invitation de la République démocratique du Congo, Charles Murigande, le ministre rwandais des Affaires étrangères était attendu à Kinshasa à la fin de ce mois * Mais, pour des raisons qui n’ont pas été élucidées, Murigande a fait volte-face en ajournant sa visite à plus tard * Pendant que Mbusa Nyamuisi répondait hier à une interview sur la Rtnc, une bande passante sur la chaîne nationale informait que l’homme d’Etat rwandais arrivera à Kinshasa au mois d’août prochain * Ce rapprochement rwando-congolais serait probablement la résultante du défilé à Kinshasa et à Kigali des diplomates de tous bords qui ont toujours prôné la solution politique aux problèmes de l’Est plutôt qu’à la lutte armée


Rien n’augure de bon dans un avenir très proche entre Kinshasa et Kigali. Les relations qui évoluent en dents de scie entre ces deux capitales risquent de se maintenir longtemps encore à leur niveau actuel qui est à l’affaissement, lorsque l’on scrute attentivement la correspondance échangée dernièrement entre les chefs de la diplomatie du Rwanda et de la République démocratique du Congo. Ce dernier qui n’est autre que le ministre d’Etat Antipas Mbusa Mbusa Nyamwisi en charge des Affaires étrangères et de la Coopération internationale avait invité à Kinshasa le ministre rwandais des Affaires étrangères Charles Murigande. La nouvelle a fait la une des journaux de Kinshasa. Et le public congolais en général et kinois en particulier s’attendait à accueillir ce ministre rwandais à la fin de ce mois de juillet. Mais, c’était sans compter avec le volte-face qui caractérise depuis un moment ces voisins de l’Est de la République démocratique du Congo. Le Rwanda vient de « refroidir » pratiquement le réchauffement des relations, tant souhaité par le Congo, entre ces deux pays. « Le ministre rwandais des Affaires étrangères reporte sa visite en Rdc à une date ultérieure », lit-on dans l’édition de l’Apa parue hier. Sans donner une quelconque raison à ce report, cette même dépêche livrée par l’Afp indique cependant que « le gouvernement rwandais (…) demande que les deux parties conviennent d’une autre date que celle aux alentours de la dernière semaine du mois en cours ». Dans sa bonne foi et soucieux de vivre en paix avec tous ses voisins, les autorités congolaises ne semblent pas trouver d’inconvénients jusqu’ici à cette réserve émise par le Rwanda qui avait pourtant « accueilli favorablement » l’invitation lui lancée par la République démocratique du Congo par l’entremise du ministre d’Etat chargé des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Mbusa Nyamwisi.

Maladresse et naïveté

On ne peut comprendre comment la Rdc a cru à cette visite du ministre rwandais Charles Murigande dans sa capitale en ce moment précis, si ce n’est pas de la naïveté. Ou bien émettre des avis aussi pacificateurs dans l’objectif de cette rencontre entre le chef de la diplomatie rwandaise et son homologue congolais, si ce n’est pas par maladresse. A travers cette invitation envoyée au Rwandais Charles Murigande, la source affirme que Kinshasa entend le raffermissement et la consolidation des relations entre les deux pays. Le Rwanda n’attendait pas se le faire dire. Ce pays savait bien que cette « visite de travail » comporterait cet agenda, et qu’il lui fallait mûrir profondément cette « visite » avant que son ministre, et pas n’importe lequel ni n’importe qui, Charles Murigande, daigne faire mouvement vers ce pays qui n’a pas que d’éloges à faire au sien. Le Rwanda est parmi les pays qui auront marqué l’histoire contemporaine de la République démocratique du Congo, dans le mauvais sens. Guerres, pillages des ressources naturelles, complicité avec les ennemis de la Rdc, et autres événements sombres connus par ce dernier pays depuis onze ans portent d’une manière ou d’une autre le sceau rwandais. Ce pays a soutenu des rebelles et des rébellions qui ont éclaté dans l’Est pendant tout ce temps, et est aujourd’hui indexé dans l’activisme du général déchu Laurent Nkundabatware qui aurait ses bases arrières au Rwanda. Ce qui est vrai et incontestablement attesté, c’est la présence des citoyens rwandais au sein de la troupe de cet insurgé qui, au moment où il a été déstabilisé après son occupation de la vielle de Bukavu, avait trouvé asile au Rwanda. Et c’est de là évidemment qu’il est revenu au Congo avant de relancer de nouveau sa campagne de déstabilisation de l’Est. Que Mbusa Nyamwisi improvise une conférence de presse face à un seul journaliste, diffusée hier soir dans la soirée sur la chaîne nationale, le spectre du Rwanda planait au point d’avoir droit à une bande passante au bas de l’écran. Sans reconnaître le report de la visite du Rwandais, l’information qui a défilé pendant quelques instants annonçait cette visite pour août 2007.

Conscience chargée ou remords ?

L’opinion peut bien s’interroger la raison pour laquelle le ministre rwandais a pu ajourner sa visite en République démocratique du Congo. Se reproche-t-il quelque chose ou a-t-il plutôt une conscience chargée devant tous les méfaits que son pays fait endurer à son voisin ? Ou peut-être a-t-il post-posé le voyage pour mieux se préparer aux réponses à fournir aux questions « accablantes » auxquelles il sera soumis par les autorités congolaises. Que ce voyage ait lieu en juillet ou en août prochain, il serait probablement la résultante du défilé des diplomates tant de l’Union européenne, du Conseil de sécurité de l’Onu, de la Belgique que d’autres institutions internationales. Tous ont craint une nouvelle guerre d’agression qui balayerait d’un trait les efforts entrepris par la Communauté internationale pour faire asseoir en Rd-Congo le processus de transition et surtout le processus électoral qui lui a coûté beaucoup d’argent. Tous ces diplomates ont fredonné à Kinshasa le refrain commun, celui de la recherche d’une solution politique aux problèmes de l’Est du pays. Tous ont dissuadé Kinshasa l’usage de la force bien qu’il se sente lésé dans la mesure où il continue à subir l’embargo en armes pendant que tous ses voisins de l’Est peuvent acheter des armes à leur guise et en faire usage quand ils le veulent. Ce « deux poids deux mesures » est intolérable dans le chef du peuple congolais qui veut vivre dans la paix et la sécurité. C’est ce qui a fait dire à plusieurs journaux de la place que ce double langage cachait une certaine hypocrisie de la Communauté internationale qui est incapable de « maîtriser » ceux qui arment Nkundabatware bien identifiés par elle.

Une solution définitive du problème est-elle en vue ?

Beaucoup de compatriotes se posent la question de savoir si la visite de Charles Murigande du Rwanda peut être le déclic vers la solution des problèmes et partant de la reprise des relations entre les deux pays. Pour peu qu’on connaisse le Rwanda, il y a lieu de douter. Outre le problème de Nkundabatware qui a créé sa propre administration, il y a celui des Fdlr qui, pour le Rwanda, a toujours menacé la sécurité de ce pays. On voit mal comment le Rwanda peut accepter la « reddition volontaire » de cet officier rebelle sans qu’il se retrouve politiquement. En définitive, les Congolais ne doivent pas se leurrer. La visite de Charles Murigande au Congo démocratique n’apportera rien au moulin face à la fermeté et à l’opiniâtreté de son président Kagame. Il ne sera pas étonnant de voir les autorités ougandaises repousser encore la date pour tisser d’autres stratégies imprévisibles.

Avenir

vendredi 20 juillet 2007

Haro sur les tribunaux Gacaca


Haro sur les tribunaux Gacaca
(Libre antenne 19/07/2007)


Les tribunaux Gacaca ont été créés par la loi organique du 26 janvier 2001. Au cours de cette année, 260 000 juges ‘‘intègres’’ ont été élus localement pour occuper plus de 10 000 tribunaux Gacaca après une formation sommaire qui a eu lieu en 2002.
Les Gacaca ont été détournés de leur objectif premier de rendre justice. Ils sont exploités à des fins criminelles. Au lieu de désengorger les prisons, ils ont plutôt ratissé large, pour criminaliser le plus grand nombre de personnes possibles.

Les critiques du fonctionnement des Gacaca ont été relevées par bon nombre d’organisations internationales de défense de droit de l’homme. Selon Amnesty International, ces tribunaux devraient prendre des mesures pour respecter les normes internationales d’équité les plus élémentaires[1]. Avocats Sans Frontières constate que « dans la grande majorité des juridictions observées, ont été constatées de réelles difficultés pour les [juges] à cerner le débat et à poser les questions essentielles pour dénouer les faits, faire émerger la vérité, et partant, apprécier précisément la responsabilité ou l'absence de responsabilité individuelle de l'accusé »[2].
Des chiffres fantaisistes
Au départ, il était question que les Gacaca jugent, dans un délai raisonnable, +/- 100.000 personnes dont la plupart croupissent dans les prisons depuis 1994, et sans dossiers.
Au cours de 2004, les Gacaca pilotes lancés dans 118 secteurs ont enregistré plus de 500.000 suspects du génocide. Les autorités officielles des Gacaca ont alors estimé, avant que les enquêtes ne soient terminées, à 761.448 le nombre de personnes suspectées d’avoir pris part au génocide[3].
Au début de 2005, ce chiffre a été revu à la hausse. Au niveau de l’administration, un nombre de 650 personnes dont des autorités politiques et des députés, a été lancé ; elles ont été sommées de démissionner[4].
L’année suivante, l’idée s’est précisée. Domitille Mukantaganzwa, responsable des Gacaca, a sorti des chiffres effroyables : ceux qui ont confessé leur participation au génocide non encore emprisonnés s’élevaient à 152.000 ; dans l’administration il y avait 47.000 fonctionnaires à arrêter; ceux qui étaient provisoirement détenus s’élevaient à 806; les juges de Gacaca rattrapés par les actes de génocide s’élèveraient à 45.000[5].
Ces chiffres sont lancés avec une légèreté déconcertante
D’abord le système d’extrapolation : si 118 tribunaux comptent 500.000 prévenus, un petit calcul montre que les 10.000 tribunaux s’occuperont de dizaines de millions de personnes.. Or la population rwandaise n’est que de 8 millions. Voilà ce qui a empêché les responsables des Gacaca de se livrer à cet exercice d’extrapolation jusqu’au bout. Ils se sont limités à un chiffre ‘‘raisonnable’’, mais la tendance se dessine.
Ensuite, comment, à moins de deux ans, des enquêtes fouillées peuvent-elles être menées pour déterminer la culpabilité d’un aussi grand nombre de prévenus ?
Selon des observateurs avisés, la méthode est simple : « Il a été fait recours aux membres de la Local Defence qui quadrillent le territoire. Ils ont recensé, dans leurs ressorts respectifs, des hommes et des femmes encore valides, des leaders d’opinion, des intellectuels (enseignants, agronomes, infirmiers,…) et les noms ont été envoyés à Kigali où tout est centralisé »[6]. La section des Renseignements militaires ont supervisé cette action. L’activiste des Droits de l’Homme, Joseph Matata, a recueilli un témoignage d’un rescapé tutsi qui a parlé d’un plan diabolique mis en place depuis 2002 par le biais des Gacaca. L’intéressé a fui le Rwanda après avoir été élu de force et refusé le rôle criminel que les agents de la Directorate of Military Intelligence (DMI) allaient faire jouer à plusieurs juges du Gacaca[7].
Dans cette perspective : « Ceux qui affirment que le Gacaca risque de devenir un outil d’épuration ethnique et qu’il est utilisé pour éjecter complètement les adversaires potentiels du FPR des activités politiques et des établissements officiels, n’auraient pas totalement tort »[8].
Une population traumatisée
Une partie de la population rwandaise ne sait plus où donner de la tête. Celui qui n’est pas visé par les Gacaca, a été probablement spolié de ses terres par la loi sur le régime foncier. S’il proteste, il tombe sous le coup de la loi sur le ‘‘divionnisme’’ et accusé d'’’idéologie génocidaire’’. Les têtes pensantes du FPR ont imaginé donc un système criminel imparable et l’ont corsé par des lois taillées sur mesure.
Des personnes qui tentent de sauver leurs peaux n’ont pas plus de chance. En 2005, près de 20 000 Rwandais ont fui vers le Burundi et bien d’autres encore ont fui en 2006[9]. Ils ont été rapatriés par la force avec la complicité des autorités burundaises. Un certain nombre d’entre eux se sont ‘‘suicidés’’ quelques jours à leur arrivée au Rwanda selon les autorités locales.
En Ouganda, le camp de Nakivale abrite actuellement des réfugiés hutu. Certains d’entre eux sont régulièrement ramenés au Rwanda : une sorte de traite négrière a été instaurée entre les deux pays ; une personne ramenée sur la frontière rwandaise vaut 200.000 shillings ougandais (à peu près 100 euros)[10]. Des bandes d’escrocs ougandais, manipulés par le DMI rwandais, en ont fait leur business.
Au mois de mars 2005, quatre vingt trois personnes la province frontalière de Gisenyi à l’Ouest du Rwanda ont fui vers la RDC[11]. L’exode continue.
Les travaux forcés
Les Gacaca prévoient une peine alternative à la prison : les Travaux d’Intérêt Général (TIG). Les condamnés s’adonnent aux travaux divers dont la construction des maisons des rescapés, le concassage des pierres pour paver des routes,… Les cerveaux du FPR ne tarissent pas d’imagination. Les prisonniers du Gacaca constituent une réserve de main d’œuvre gratuite par le biais des TIG.
Des camps ont été créés dans lesquels les « tigistes » sont regroupés. Ils sont réquisitionnés et dispatchés pour des travaux divers.
Sur les collines, ceux qui sont épargnés par les Gacaca ne sont moins « tigistes ». Quelqu’un originaire de Kibungo m’a dit comment un officier du FPR a fait habiter les membres de sa famille dans une grande propriété après avoir pris soin d’en faire éliminer physiquement les propriétaires. Ceux qui ont survécu à ce nettoyage ont été systématiquement envoyés aux Gacaca. Certains en ont par chance échappé. Mais, pour avoir la paix, ils cultivent pour les parents de l’officier, s’occupent des vaches, ..., sans aucune contrepartie. Un autre ami m’a fait ce commentaire : « Comme avant la Révolution sociale de 1959, le Hutu est redevenu taillable et corvéable à merci. Le Gacaca est une forme d’esclavage à visage moderne».
La dernière trouvaille du FPR dans le système Gacaca n’en est pas moins criminelle. Comme les prisons sont déjà remplis, les travaux d’intérêt général (TIG) devront précéder l’emprisonnement proprement dit[12]. Domitille Mukantanganzwa s’exprimait ainsi devant les bailleurs de fonds au début du mois de juillet 2007 à Kigali. Travaillant dur et mal nourris, les « tigistes », fatigués et usés par des années de travail, vont finir leur vie en prison!. Dans leur logique criminelle, les idéologues du FPR ont encore une fois trouvé un stratagème pour profiter d’une main d’œuvre fraîche, car avec les conditions inhumaines de la prison, elle serait détériorée physiquement et son rendement en pâtirait. C’est connu, la prison au Rwanda est proche de la mort. Les exemples ne manquent pas : Bonaventure Ubalijoro, un ancien cadre du parti MDR (Mouvement Démocratique Républicain) en est sorti de la prison dans une chaise roulante ; Bonaventure Habimana, ancien Secrétaire Général du parti MRND (Mouvement Révolutionnaire National pour le Développement), marche à l’aide des béquilles depuis son élargissement ; André Nkeramugaba, un autre leader du MDR, est mort en prison alors que la justice l’avait blanchi.
Une volonté d’appauvrir la population
Les Gacaca ne concernent actuellement que les Hutu. Dans certaines circonscriptions, des voix se sont élevées pour dénoncer les massacres des leurs par le FPR. Ceux-là qui ont osé parler, ont été, par tous les moyens, muselés.
Selon les dernières statistiques[13], 108.732 personnes ont comparu devant les Gacaca jusqu’au 31 mai 2007 avec 100.507 condamnations et 18.930 acquittements. Il reste à juger 818.564 personnes (moins 87.063 déjà décédées), dont 98.055 personnes détenues dans les prisons rwandaises et 44.204 personnes vivant à l’étranger. Les personnes visées par la prison constituent une force vive dans bon nombre de secteurs de la vie nationale. L’économie rurale a en a particulièrement pris un sérieux coup.
C’est un choix politique délibérée d’affamer la population rurale. Il faut avoir à l’esprit que le recensement des rescapés a été faits et seront refaits[14]. Ils sont aidés par des fonds divers dont le FARG (Fonds d’aide aux Rescapés du Génocide) alimentés par des millions de dollars des aides internationales. Ils ne sont donc pas pénalisés par cette politique.
Dans son éditorial de la revue de la presse rwandaise du mois de juin 2007, Jovin Ndayishimiye épingle les travers de cette politique du FPR envers le monde rural : « (…), il est bien clair que le secteur primaire, qui emploie plus de 80% de la population, n’est pas le vrai souci des ‘decision makers’ de ce régime ». Il souligne que le Budget alloué au Ministère de l’Agiculture pour 2007 est de 19, 542 milliards contre 43, 02 milliards pour les dépenses militaires et 35,84 milliards de francs rwandais pour les services de sécurité. Il poursuit : « Le FPR (Front Patriotique Rwandais) étant le grand orchestreur de cette idéologie de politique économique du pays sait pourquoi il se bat. Les partis politiques entrés en coalition avec lui devraient comprendre qu’ils doivent faire valoir et arborer leurs idéologies et donner à espérer aux masses populaires qui vivent dans une économie de subsistance difficilement marketable (chiffrable en termes monétaires) ». Il fait remarquer à juste titre que le camp ultralibéral a pris le dessus au Rwanda. Ces ultralibéraux, écrit-il, « se tournent et s’activent vers le secteur tertiaire, celui des services c-à-d le commerce des biens et des services économiques souvent importés ou copiés sur l’Occident avec la formule miracle de l’ICT (Information, Communication, Technologies) ». (…) « Pourtant, cette politique ne favorise pas l’épanouissement de quelques 80% de citoyens rwandais occupés dans l’agriculture et l’élevage »[15].
Une corruption ramapante
KL est un cadre informatique dans une entreprise basée à Bruxelles. En avril 1994, la guerre a recommencé alors qu’il faisait ses études universitaires en Belgique. Il a pris des nouvelles de sa famille. Son père est mort dans les forêts congolaises del’ex-Zaïre et sa maman est rentrée. Elle vit seule. KL, naturalisé belge, est allé au Rwanda rendre visite à sa mère. Il lui a laissé une certaine somme pour qu’elle puisse nouer les deux bouts du mois. L’entourage a fait des commentaires. Un des membres du Gacaca s’y est intéressé. Il fait convoquer la vieille. Il lui est reproché d’avoir participé, au début d’avril 1994, au pillage des tuiles cuites d’une maison détruite par les Interahamwe. La vieille n’en croit pas à ses oreilles. Elle nie les faits surtout que sa maison est en tôles ondulées et son annexe en chaume. Un témoin a été formé. Il vient confirmer le chef d’accusation. La délibération aura lieu le lendemain. Le membre du Gacaca passe chez elle et la prévient : tu risques d’écoper 5 ans de prison ; ou alors, cherche 80.000 Francs rwandais (à peu 120€) et l’affaire sera classée sans suite. La vieille informe son fiston en Europe. La somme est envoyée et donnée au juge. La vieille vit temporairement en paix.
Cette histoire n’est pas isolée. Des cas similaires deviennent monnaie courante. Ils concernent particulièrement des rwando-européens qui ont été en visite au Rwanda, mais aussi certains de ceux qui vivent ici et qui n’ont pas fait ce déplacement fatal. Les membres du « Local Defence » n’ont pas de salaire. Ceux du Gacaca également. Ils ont trouvé une vache à lait : des familles hutu ayant des enfants en Europe. Des crimes sont mis sur leurs dos et leurs enfants payent cher pour leur éviter la prison. A Londres, quelqu’un a payé 500.000FRW pour faire libérer son frère qui avait déjà franchi la porte de la prison. Les transferts d’argent, notamment par Western Union, servent entre autres de repaire pour identifier les victimes de cette escroquerie.
Un cri d’alarme
Une partie de la population rwandaise subit les pires exactions : arrestations arbitraires, emprisonnement (les Gacaca ont compétence de décréter des peines allant de 30 ans de prison à la perpétuité), travaux forcés, disparitions, assassinats, … Plus de 800.000 personnes sont actuellement concernés par cette situation. Leur sort dépend du bon vouloir du FPR.
A l’extérieur, le plan est déjà prêt : Interpol a été noyauté ; les 44.000 personnes vivant à l’extérieur sont ou seront bientôt dans sa base de données. Qui est concerné, qui n’est pas concerné ? Que faire pour que cette Institution Internationale de Police ne serve une politique criminelle ?
Que dire des pays qui financent les Gacaca ? Ils contribuent de fait à la destruction du peuple rwandais. En sont-ils informés ?
Le FPR ne fait rien au hasard. Quand les Institutions internationales l’ont sommé de rendre les biens immeubles occupés illégalement par ses membres, il s’est exécuté en grande partie. Pourtant il attendait les nombreux propriétaires vivant à l’extérieur au tournant. Si quelqu’un est repris dans les 44.000 personnes déjà listées, sa maison ou ses terrains à Kigali ou ailleurs au Rwanda seront saisis et vendus aux enchères, via l’arrêt du Gacaca, pour ‘‘indemniser les victimes’’.
Qui a comparé le Gacaca à une arme de destruction massive ? Il avait raison sur toute la ligne.

©Gaspard Musabyimana, le 19/07/2007

mardi 10 juillet 2007

L’ENTENTE ET LE COMMERCE TRIANGULAIRES SONT REACTIVES A FOND !


La presse belge(Le Soir, La Nouvelle Gazette, La Libre Belgique)a correctement rendu compte d’un constat universel : le procès de Ntuyahaga est un "mauvais procès", parce que c’est un "procès politique".

En ce moment précis, il y a une grande agitation à Kigali(commission du "criminel" Mucyo), à Arusha(TPIR= "tribunal des vaincus"), à Bruxelles(mascarade de procès Ntuyahaga), et dans d’autres stations- comptoirs du commerce triangulaire contemporain.

La préoccupation n’est nullement la recherche de la vérité et la proclamation du droit et de la justice. Au contraire, c’est l’étouffement de la vérité par la profération des mensonges les plus diaboliques et la réitération des assassinats les plus abominables dans un dernier élan désespéré de couvrir le crime et justifier les criminels. En écrivant "King Leopold’s Ghost", Adam Hochschild a rappelé à tous les acteurs et actionnaires de la vaste conspiration contre l’Afrique centrale, que le spectre des Lumumba, Habyarimana et dizaines de millions de ressortissants de cette région si convoitée les hantera pour l’éternité.

Concernant la tragédie rwandaise qui n’est pas encore près de son dénouement, le mésusage intentionnel du terme "génocide" l’a, jusqu’aujourd’hui, prise en ôtage, confisquée et enfermée dans une tour d’incompréhension épistémologique coupable. Moi, je l’appelle et persiste à l’appeler "fratricide", n’en déplaise à ceux qui, pour des intérêts totalement egoïstes et précaires, pensent toujours qu’"il n’y a entre eux(les Bahutu)et nous(les Batutsi) aucun fondement de fraternité". N’en déplaise également à l’ONU qui, sous la puissante pression, manipulation et intoxication des tuteurs et autres lobbys du FPR, a adopté la résolution 955 instituant un tribunal destiné à juger des actes relevant d’un crime dont les preuves ne sont toujours pas fournies. Ce serait trahir le Polonais Raphael Lemkin si, moins de cent ans après qu’il ait créé et défini le terme "génocide", nous lui faisions dire que tout massacre, aussi horrible que celui survenu au Rwanda depuis octobre 1990, doive être qualifié comme un génocide.

La vérité sur le fratricide rwandais, c’est la volonté d’un groupe de superpuissances d’exiger du président Habyarimana, un transfert pur et simple du pouvoir total à leur nouvelle pupille qu’est le FPR. L’agression, la guerre et la guérilla n’y réussissent pas ; le coup d’état constitutionnel des accords d’Arusha n’y parviennent pas, la trahison et la conspiration internes s’y cassent le nez.

Les stratèges croient alors trouver la solution dans la logique du cow-boy où la victoire et le butin(car il s’agissait bel et bien d’un hold-up à l’échelle d’un continent) appartient à celui qui tire le premier ! Voilà la nature de l’attentat du 6 avril 1994 qui, perpétré devant les caméras , sous les radars et l’assistance de la MINUAR, rassemble tous les indices de son auteur et toutes les preuves(tenues classifiées), et dont on ne veut absolument rien dire, en préférant faire de la diversion sur un pauvre bougre de major(non initié aux techniques des pièges et embuscades !) qui s’est naïvement remis à ses bourreaux en croyant s’adresser à la justice.

Le premier obstacle dans la course folle au pouvoir était éliminé : "Target is hit". Il fallait passer à l’étape suivante, celle de l’installation du pouvoir FPR sous le couvert de ses hommes/femmes de paille. Les petits fils de Jean Schramme et de Bob Denard s’engagent dans la mêlée avec l’espoir de laver la honte essuyée par leurs aïeux dans le putsh contre Mobutu en 1967. Leur témérité les condamne à un destin plus cruel car aucun des "treize" soudards n’aura la vie sauve.

Au lieu de chercher à éclairer les familles des victimes sur les circonstances exactes de leur mort, c’est-à-dire sur la nature, l’objectif et le commanditaire de leur mission, le procès truqué de Bruxelles, ne fait que raviver cyniquement la douleur des veuves, orphelins et autres parents, en les incitant à vomir leur haine aussi injuste qu’inutile contre un bouc-émissaire qui n’est même pas à la hauteur des responsabilités dont on veut l’accabler. Le gang qui salit les hauts lieux de la justice belge pourrait-il jamais ressentir quelque regret pour les victimes et quelque compassion pour le petit reste des guerres ethnocides définitivement installées dans la formule de gestion géostratégique de la région des grands lacs ?

Constatant que les assassins de Patrice Lumumba sont actuellement couverts de l’opprobre universel, ils tremblent à l’idée de devoir répondre des millions de civils innocents qu’ils ont fait massacrer par leurs hommes de main. Leur avidité insatiable pour les richesses du grand Congo constituait pour beaucoup d’entre eux une garantie de ne pas être catalogués dans la rubrique des pays en voie d’appauvrissement structurel.

La mauvaise foi,l’"idée-fixisme" aveugle, la partialité et l’incompétence avouée des avocats des parties civiles, honteusement appuyées par le parjure de nombreux témoins, probablement soudoyés, ne rendent pas la tâche facile aux jurés et n’évitent pas à Me Gustave Louis Adolphe Victor Aristide Charles Chaix d’Est-Ange et Monsieur Paul-Henri Spaak la gêne de se retourner dans leur tombe. L’imposture est trop forte.

La France est aujourd’hui "mouillée" et ses nouveaux responsables politiques vont l’enfoncer encore davantage pour le soutien apporté au régime de Habyarimana, mais lorsque viendra le tour des commanditaires du FPR,lequel n’est qu’un pouvoir par procuration, la noyade ressemblera à la tragédie du "Titanic". Puisse le ciel faire que je sois un faux prophète sur ce point précis ! Le juge Jean-Louis Bruguière a juste lancé une pierre dans la mare, mais la tempête n’est pas encore là. Tous les nouveaux croisés des causes illicites et d’avance perdues devraient prendre conseil auprès du premier juge anti-terroriste mondial.

Lecture recommandée : Baudelaire, Charles, "Abel et Caïn", Les fleurs du mal, 1857.

Dr. Léopold Munyakazi