mardi 10 juillet 2007

L’ENTENTE ET LE COMMERCE TRIANGULAIRES SONT REACTIVES A FOND !


La presse belge(Le Soir, La Nouvelle Gazette, La Libre Belgique)a correctement rendu compte d’un constat universel : le procès de Ntuyahaga est un "mauvais procès", parce que c’est un "procès politique".

En ce moment précis, il y a une grande agitation à Kigali(commission du "criminel" Mucyo), à Arusha(TPIR= "tribunal des vaincus"), à Bruxelles(mascarade de procès Ntuyahaga), et dans d’autres stations- comptoirs du commerce triangulaire contemporain.

La préoccupation n’est nullement la recherche de la vérité et la proclamation du droit et de la justice. Au contraire, c’est l’étouffement de la vérité par la profération des mensonges les plus diaboliques et la réitération des assassinats les plus abominables dans un dernier élan désespéré de couvrir le crime et justifier les criminels. En écrivant "King Leopold’s Ghost", Adam Hochschild a rappelé à tous les acteurs et actionnaires de la vaste conspiration contre l’Afrique centrale, que le spectre des Lumumba, Habyarimana et dizaines de millions de ressortissants de cette région si convoitée les hantera pour l’éternité.

Concernant la tragédie rwandaise qui n’est pas encore près de son dénouement, le mésusage intentionnel du terme "génocide" l’a, jusqu’aujourd’hui, prise en ôtage, confisquée et enfermée dans une tour d’incompréhension épistémologique coupable. Moi, je l’appelle et persiste à l’appeler "fratricide", n’en déplaise à ceux qui, pour des intérêts totalement egoïstes et précaires, pensent toujours qu’"il n’y a entre eux(les Bahutu)et nous(les Batutsi) aucun fondement de fraternité". N’en déplaise également à l’ONU qui, sous la puissante pression, manipulation et intoxication des tuteurs et autres lobbys du FPR, a adopté la résolution 955 instituant un tribunal destiné à juger des actes relevant d’un crime dont les preuves ne sont toujours pas fournies. Ce serait trahir le Polonais Raphael Lemkin si, moins de cent ans après qu’il ait créé et défini le terme "génocide", nous lui faisions dire que tout massacre, aussi horrible que celui survenu au Rwanda depuis octobre 1990, doive être qualifié comme un génocide.

La vérité sur le fratricide rwandais, c’est la volonté d’un groupe de superpuissances d’exiger du président Habyarimana, un transfert pur et simple du pouvoir total à leur nouvelle pupille qu’est le FPR. L’agression, la guerre et la guérilla n’y réussissent pas ; le coup d’état constitutionnel des accords d’Arusha n’y parviennent pas, la trahison et la conspiration internes s’y cassent le nez.

Les stratèges croient alors trouver la solution dans la logique du cow-boy où la victoire et le butin(car il s’agissait bel et bien d’un hold-up à l’échelle d’un continent) appartient à celui qui tire le premier ! Voilà la nature de l’attentat du 6 avril 1994 qui, perpétré devant les caméras , sous les radars et l’assistance de la MINUAR, rassemble tous les indices de son auteur et toutes les preuves(tenues classifiées), et dont on ne veut absolument rien dire, en préférant faire de la diversion sur un pauvre bougre de major(non initié aux techniques des pièges et embuscades !) qui s’est naïvement remis à ses bourreaux en croyant s’adresser à la justice.

Le premier obstacle dans la course folle au pouvoir était éliminé : "Target is hit". Il fallait passer à l’étape suivante, celle de l’installation du pouvoir FPR sous le couvert de ses hommes/femmes de paille. Les petits fils de Jean Schramme et de Bob Denard s’engagent dans la mêlée avec l’espoir de laver la honte essuyée par leurs aïeux dans le putsh contre Mobutu en 1967. Leur témérité les condamne à un destin plus cruel car aucun des "treize" soudards n’aura la vie sauve.

Au lieu de chercher à éclairer les familles des victimes sur les circonstances exactes de leur mort, c’est-à-dire sur la nature, l’objectif et le commanditaire de leur mission, le procès truqué de Bruxelles, ne fait que raviver cyniquement la douleur des veuves, orphelins et autres parents, en les incitant à vomir leur haine aussi injuste qu’inutile contre un bouc-émissaire qui n’est même pas à la hauteur des responsabilités dont on veut l’accabler. Le gang qui salit les hauts lieux de la justice belge pourrait-il jamais ressentir quelque regret pour les victimes et quelque compassion pour le petit reste des guerres ethnocides définitivement installées dans la formule de gestion géostratégique de la région des grands lacs ?

Constatant que les assassins de Patrice Lumumba sont actuellement couverts de l’opprobre universel, ils tremblent à l’idée de devoir répondre des millions de civils innocents qu’ils ont fait massacrer par leurs hommes de main. Leur avidité insatiable pour les richesses du grand Congo constituait pour beaucoup d’entre eux une garantie de ne pas être catalogués dans la rubrique des pays en voie d’appauvrissement structurel.

La mauvaise foi,l’"idée-fixisme" aveugle, la partialité et l’incompétence avouée des avocats des parties civiles, honteusement appuyées par le parjure de nombreux témoins, probablement soudoyés, ne rendent pas la tâche facile aux jurés et n’évitent pas à Me Gustave Louis Adolphe Victor Aristide Charles Chaix d’Est-Ange et Monsieur Paul-Henri Spaak la gêne de se retourner dans leur tombe. L’imposture est trop forte.

La France est aujourd’hui "mouillée" et ses nouveaux responsables politiques vont l’enfoncer encore davantage pour le soutien apporté au régime de Habyarimana, mais lorsque viendra le tour des commanditaires du FPR,lequel n’est qu’un pouvoir par procuration, la noyade ressemblera à la tragédie du "Titanic". Puisse le ciel faire que je sois un faux prophète sur ce point précis ! Le juge Jean-Louis Bruguière a juste lancé une pierre dans la mare, mais la tempête n’est pas encore là. Tous les nouveaux croisés des causes illicites et d’avance perdues devraient prendre conseil auprès du premier juge anti-terroriste mondial.

Lecture recommandée : Baudelaire, Charles, "Abel et Caïn", Les fleurs du mal, 1857.

Dr. Léopold Munyakazi

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