vendredi 5 octobre 2007

La Russie et le nouvel ordre mondial

1. L’ordre mondial passe par une phase de développement compliquée et contradictoire, déterminée d’une part par des changements politiques et géopolitiques profonds qui résultent de l’effondrement des systèmes d’Europe orientale dits du « réalisme socialiste » et de la réunification allemande, d’autre part par le rôle croissant des États asiatiques, notamment de la Chine et de l’Inde, et par les tentatives des États-Unis d’assurer leur hégémonie mondiale. Simultanément, le système de droit international public des Nations Unies, dans le Conseil de sécurité desquelles les cinq puissances atomiques mondiales (États-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie et Chine) prédominent avec leur droit de veto, subsiste sans changement malgré de multiples tentatives des États-Unis de le modifier en leur faveur par une interprétation contraire au droit ou par des actions militaires violentes, contraires au droit international public. Ces derniers temps, on observe même que la puissance des États-Unis se réduisant sur les plans politique, militaire et économico-financier les oblige de temps à autre à se soumettre aux règles de l’ONU pour parvenir à une position commune des cinq puissances à droit de veto à propos de l’Irak, de l’Afghanistan, de l’Iran et du Liban. Là déjà, précisément là, le rôle de la Russie dans l’ordre mondial devient particulièrement évident.

2. Même s’il ne faut pas surestimer une évolution qui ne reflète pas la position générale des États-Unis, il ne convient pas non plus de l’ignorer. Dans son ouvrage Dominer le monde ou sauver la planète ? : L’Amérique en quête d’hégémonie mondiale [1], Chomsky arrive à la conclusion, tout en relevant ces efforts des États-Unis, que cette évolution peut être freinée. S’y ajoute que, s’il y a toujours eu des tentatives et des époques où une puissance mondiale a dominé durablement l’ordre international ou s’est efforcée de créer un ordre mondial monopolaire, elle n’y est jamais parvenue complètement [2] et n’y parviendra pas non plus maintenant. Voir aussi le discours de Poutine prononcé à la conférence de sécurité de Munich [3].

3. Les objections habituelles au sujet d’un renforcement du rôle de l’ONU —elle serait trop faible, son importance diminuerait— omettent le fait principal, à savoir que l’ONU est la seule organisation mondiale habilitée à assurer la paix et la sécurité et, en cas de menace contre la paix ou de rupture de celle-ci, à prendre valablement des mesures, y compris le recours à la force armée, et la seule organisation dont les membres se sont engagés à prêter l’assistance adéquate et, sur demande de son Conseil de sécurité, à mettre des troupes à disposition [4].
Le renforcement de l’ONU avant toute autre organisation, OTAN comprise, constitue donc une priorité.
Si tous les États membres de l’ONU remplissent les engagements qu’ils ont contractés en vertu de la Charte, il se forme un ordre mondial que tous peuvent accepter.
Tel devrait être l’objectif des efforts que déploient toutes les forces politiques et qui me semble réaliste. C’est dans ce cadre que je considère le rôle de la Russie dans l’ordre mondial actuel.

La Russie, facteur actuel de puissance

1. La Russie d’aujourd’hui passe d’une part par un processus de transformation qui l’a mène du règne du parti communiste à l’État de droit, à la démocratie et à l’économie de marché où beaucoup a été atteint, mais des revers ont également eu lieu. Toutefois, même en ayant à l’esprit toutes les critiques justifiées et injustifiées de son développement économique ou de ses positions de politique extérieure, elle est de nouveau un facteur de puissance de grande importance, une puissance nucléaire, un membre permanent du Conseil de sécurité avec droit de veto, le seul État, à part les États-Unis, à être constamment présent dans l’espace, un exportateur de pétrole, de gaz, de diamants et d’autres ressources du sol, qui possède une industrie et une agriculture en développement.
Certes, elle doit faire face aux problèmes intérieurs que sont la pauvreté, la corruption, la criminalité et une diminution rapide de la part russe dans la population. Toutefois, des réserves monétaires atteignant USD 182 milliards, un excédent des finances publiques se chiffrant à USD 83,2 milliards, soit à 7,7 % du PIB, et un amortissement presque complet de la dette extérieure ont pour conséquence que même une baisse improbable du prix du pétrole n’entraînerait pas de crise économique en Russie.
En 2006, la croissance réelle du PIB s’est inscrite à 6,4 %, la hausse réelle des salaires s’est montée à 12,6 % et celle des investissements à 10,5 % [5].
Selon les indications de la banque centrale, davantage de fonds étrangers ont afflué en Russie que de fonds russes à l’étranger. La balance des mouvements de capitaux a enregistré un afflux net de USD 14,5 milliards en 2006 [6].
Depuis le 1er juillet 2006, la Russie est passée à la convertibilité intégrale du rouble, le cours officiel se chiffrant à 26 roubles par dollar, 34 par euro, cours qu’appliquent aussi les banques et agents de change des pays de l’UE. Bien que l’on ne puisse exclure des difficultés sociales, la stabilité économique de la Russie continuera de se raffermir et permettra des compensations sociales.

2. Depuis 1993, la Russie s’est dotée d’une constitution qui se prévaut des droits de l’homme, de l’État de droit, de la propriété privée et de la démocratie [7] et établit un système de justice constitutionnelle de type allemand [8].
La Russie est membre du Conseil de l’Europe et désigne un juge à la Cour européenne des droits de l’homme à Strasbourg, à laquelle peut s’adresser tout citoyen de la Fédération de Russie.
Lors des élections et votations, la majorité de la population russe s’est réclamée du système politique en vigueur. Adhésion ne signifie pas identification. Toutefois, la tendance observée après le tournant politique de 1990/1991 qui consistait à s’orienter vers l’occident, à profiter de la nouvelle liberté de voyager pour séjourner ou passer ses vacances à l’ouest et apprendre l’anglais, est interrompue. Sonja Margolina —une journaliste russe vivant à Berlin— en arrive à la conclusion suivante dans ses observations et analyses :
« Les Russes envisagent l’avenir avec un optimisme qui leur faisait défaut depuis longtemps. Le niveau de vie d’une grande partie de la population s’est amélioré. Le consommateur moyen se préoccupe peu de la démocratie et des droits de l’homme et approuve la nouvelle politique confiante du Kremlin. L’ouest doit se débarrasser de ses illusions tendant à obliger la Russie à adopter ses valeurs. Le changement doit venir de l’intérieur. »
Sonja Margolina renvoie au défenseur des droits de l’homme Igor Awerkin, qui a déclaré lors d’un séminaire à Berlin : « Lorsque je suis en Allemagne, j’ai le sentiment de venir d’un État fasciste et d’être une victime. Or la Russie n’est pas un État fasciste et je ne suis pas une victime. Je vais bien et fais ce que je considère comme correct. Par ailleurs, on devrait cesser de nous donner de l’argent. Nous nous en sortons bien tout seuls. » [9]
Cette réorientation de la Russie vers elle-même – « La Russie aux Russes » – s’exprime sous de nombreuses formes, s’amplifie et va dans une direction qui procure de nouveau au pays la place lui appartenant dans l’ordre mondial. _ L’écrivain Alexandre Soljenitzyne a exprimé cette tendance – que l’on ne devrait pas discréditer en la taxant de nationaliste, mais qu’il convient de considérer comme une nouvelle prise de conscience – par la publication d’une brochure lancée à 500 000 exemplaires dans tout le pays, lors du 90e anniversaire de la révolution de février 1917. Soljenitzyne soutient ainsi la politique de Poutine, en qui il voit le nouvel autocrate russe qui ne devrait pas commettre les fautes du dernier tsar, Nicolas II [10].

3. La partie de l’élite politique russe qui s’est axée sur Poutine doit se demander dans quelle direction la Russie devra s’orienter, compte tenu de l’ensemble des facteurs mentionnés.
À court terme, elle entend visiblement profiter, avant les élections de décembre à la douma et celle à la présidence du 2 mars prochain, des fortes recettes que procurent les exportations de ressources naturelles, mais aussi de l’industrie de l’armement, pour améliorer encore (quoique dans une mesure insuffisante) le niveau de vie de la population, stimuler insuffisamment sa propre industrie et —de manière visible à l’extérieur surtout— lier d’anciennes républiques soviétiques de nouveau plus étroitement à la Russie.
De moyen à long terme, cela ne suffira pas, et des experts russes en économie parlent de trois options entre lesquelles la Russie devra opter, en soulignant que ce choix n’aura lieu qu’à partir de la prochaine présidence.
La Russie devra décider, selon l’économiste bien connu Vladimir Gutnik [11], soit de s’aligner complètement sur l’UE ou sur l’Asie (Chine), soit de se frayer sa propre voie, reprenant certes beaucoup de ce qui s’est imposé en Europe occidentale, mais à sa propre façon. D’aucuns en espèrent que la Russie pourra ainsi échapper aux contraintes de la mondialisation, ce dont d’autres doutent. En tant que facteur indépendant dans le système monétaire international, l’intégration de la Russie résultant de la convertibilité du rouble est toutefois considérée déjà par beaucoup comme un premier pas sur cette voie spécifiquement russe.

4. Tous les facteurs mentionnés ici aboutissent à la conclusion que le système politique généré lors de l’exercice du pouvoir par Poutine est durable et qu’il subsistera à l’époque du nouveau président qui commencera en 2008.
Les élections régionales qui ont eu lieu en mars dans 14 régions de Russie [12] ont été considérées généralement comme test pour les élections de décembre à la douma. La victoire [13] des partis « fidèles à Poutine » a confirmé cette prévision.
Quand Boris Abramowitsch Berezovski, oligarque et adversaire de Poutine vivant en exil à Londres a appelé, dans The Guardian du 12 avril, à renverser par la force le système russe —« on ne peut pas le modifier par une voie démocratique »— il a confirmé cette estimation à sa manière [14].

5. On peut naturellement faire des objections à propos des résultats de ces élections, ce qui n’a pas manqué ; il a été souligné notamment que certains « partis d’opposition » n’avaient pas été admis aux élections [15].
Toutefois certaines conditions prévues par la loi électorale n’avaient pas été remplies, telle la clause des 7 % [16].
La critique a porté non seulement sur différentes décisions électorales, mais aussi sur le système politique en général.
Ainsi, Lilia Schewzowa de la fondation Carnegie à Moscou considère le système politique russe comme un « capitalisme bureaucratique » sans rapport avec le libéralisme et la démocratie [17].
De même, Mommsen arrive à la conclusion qu’un « système Poutine » s’est formé en Russie, qui repose sur l’occupation de tous les postes importants de l’État par d’anciens membres des services secrets, officiers et ressortissants de Saint-Pétersbourg et constitue une « démocratie dirigée » vers un « régime autoritaire » [18]. Dans son exposé intitulé « La Russie arrive », Erler se montre plus aimable envers la Russie [19]. Cependant, il conclut, lui aussi, que la Russie de Poutine oscille entre la « démocratie dirigée » et la « démocratie autocratique ».
Ici ou là, une des observations faites dans ces analyses se révèle exacte [20]. Toutefois, les mesures prises jusqu’à maintenant par Poutine sont restées dans le cadre de la constitution. C’est une des caractéristiques de Poutine qu’il ne cherche pas seulement à ne pas sortir du cadre constitutionnel, mais qu’il tente d’utiliser consciemment l’État de droit pour réaliser ses objectifs politiques [21].
En outre, de telles analyses souffrent régulièrement de défauts fondamentaux qui déforment la réalité russe.
Le défaut principal incite les auteurs à mesurer l’évolution de la Russie et à indiquer —en l’exprimant directement ou sans l’exprimer— de combien elle se rapproche ou s’écarte des valeurs ou représentations de la démocratie occidentale. Elles se concentrent régulièrement sur l’établissement en Russie de ce qu’ils nomment la « société civile » sans avoir jamais défini ce qu’ils entendent par là [22]. Or il était toujours évident que la Russie de Poutine continuerait d’adhérer à l’« idée russe » [23] et que toutes les tentatives de former la Russie d’après les modèles occidentaux devaient échouer et ont échoué, parce que l’on ne peut amener un pays et un peuple de la taille de la Russie, avec son histoire, sa langue et sa culture, à nier sa propre identité.
C’est l’ironie de l’histoire qu’une telle politique de la Russie ait justement contribué à ce que ce pays se concentre plus que jamais sur ses propres intérêts, potentiels et voies [24].

Conséquences pour la politique étrangère

1. La volonté de Poutine de faire de la Russie un « État fort » et sa profession de foi en faveur de l’« idée russe » devaient aussi avoir des conséquences pour la politique étrangère. Dès son entrée en fonctions comme président de la Russie, ces conséquences étaient perceptibles et elles trouvèrent leur expression dans son message du nouvel an 1999 / 2000 [25].
À cette époque déjà, je pouvais attirer l’attention sur le fait que Poutine s’appuierait à l’avenir sur la « conception eurasienne », élément de l’idée russe, qu’il donnerait la priorité au développement des relations avec les États de la CEI mais qu’il considérerait en même temps les États-Unis comme son partenaire le plus important et qu’il entretiendrait de bonnes relations avec l’UE [26]. Cette orientation de la politique étrangère semblait certes être quelque peu contradictoire et dans un premier temps, son application fut marquée par des incertitudes et des tâtonnements. Mais on ne comprend pas comment certains observateurs ont pu conclure que la Russie cherchait l’« intégration à l’Ouest » et l’« européisation » [27].

2. Ce qui a été très peu pris en considération dans ces analyses, c’est le fait que les États-Unis poursuivaient et poursuivent encore une stratégie géopolitique envers la Russie qui consiste, dans les anciennes républiques soviétiques situées au pourtour de la Russie (et si possible en Russie même) à aider à arriver au pouvoir des politiciens qui se sentaient liés avant tout aux USA et qui conduiraient ensuite leur pays non seulement dans l’UE mais aussi dans l’OTAN.
a) Le fait que cela soit un élément de la politique officielle des Etats-Unis est apparu dans le discours prononcé par le vice-président Cheney lors d’une conférence internationale tenue en mai 2006 à Vilnius, dans laquelle il a non seulement critiqué la politique énergétique du Kremlin, mais aussi le prétendu déclin de la démocratie en Russie et a appelé à faire valoir aussi à Minsk ou à Moscou les valeurs reprises à l’Occident par la Géorgie ou par Kiev [28]. Scholl-Latour, dans son film et dans son livre Russland im Zangengriff [29], a décrit la situation. Ces derniers temps cependant, certains signes indiquent un retour de balancier après les premiers succès de cette politique états-unienne.
b) En Géorgie, une forte opposition au Président favorable aux États-Unis se manifeste. En Crimée, des GI’S qui voulaient effectuer des manœuvres ont été chassées et à Kiev le rival du Président pro-occidental, Ianoukovitch, est devenu Premier ministre. En Russie même, les forces pro-US sont faibles et sans grande influence [30].
c) Dans ces conditions, Poutine a suivi sa ligne de politique étrangère en évitant les conflits par des compromis. Il a suivi son conseiller en politique étrangère, Karaganov, qui part du principe que la Russie a encore besoin de 20 à 30 ans pour égaler les États-Unis.
d) Durant cette période, après le 11-Septembre, au nom de la lutte antiterroriste, Poutine a su maintenir de bonnes relations avec les États-Unis et jouer un rôle de médiateur dans le conflit du nucléaire avec l’Iran, ce qui a renforcé la position de la Russie dans la politique mondiale. La Russie a aussi renforcé ses relations en Asie, spécialement avec la Chine. Malgré des divergences d’intérêts historiques et géopolitiques entre la Chine et la Russie, les deux camps s’efforcent d’éviter toute hostilité et de faire preuve de coopération aux yeux des USA. Récemment, la Russie a inauguré l’année de la culture chinoise et en juin, au lac Baïkal, des manœuvres russo-chinoises auront lieu dans les conditions supposées d’une guerre nucléaire. La Russie joue un rôle actif dans l’Organisation de coopération de Shanghaï [31] qui constitue pratiquement une nouvelle alliance eurasienne entre la Russie, la Chine et d’autres États asiatiques à laquelle pourraient adhérer aussi l’Inde, le Pakistan et l’Iran. Avec l’accord du président russe, le journaliste et géopoliticien russe Alexandre Doubinine, qui défend le projet « Eurasie », s’efforce de permettre à la Russie de jouer un rôle actif dans cette alliance.

3. Naturellement, les contours de la politique étrangère de la Russie sous Poutine n’ont été visibles que peu à peu. On a des raisons de penser qu’avec la stabilisation de la situation intérieure et le développement écono­mique positif (cf. point II : la Russie, facteur actuelle de puissance) la politique étrangère de la Russie est devenue plus claire, plus active et plus sûre d’elle.
a) Un grand moment de ce développement a été le discours de Poutine lors de la Conférence de Munich sur la sécurité.
b) Poutine s’y est élevé ouvertement contre les aspirations des USA à créer un ordre mondial dirigé par un seul État ; il a critiqué la militarisation continue de leur politique étrangère ; il a demandé le respect du droit international (« L’usage de la force n’est légitime que sur la base d’un mandat des Nations Unies ») et il s’est élevé contre l’intention des USA de créer un système de « défense antimissile » en Pologne et en République tchèque.
c) Ce discours a rencontré un très grand écho dans le monde ; il a maintes fois été mal compris ou même qualifié injustement de « début d’une nouvelle guerre froide » bien que Poutine ait déclaré qu’il ne participerait pas à une nouvelle course aux armements et que Genscher ait déclaré que Poutine n’avait fait que poser les questions « que nous nous posons également » [32]. Maintenant, par exemple, le stationnement d’éléments du système de défense antimissile en Europe est devenu le sujet de multiples réflexions de l’OTAN et aussi de débats de politique intérieure en Allemagne.
d) En Russie même, le discours a été accueilli positivement, surtout en ce qui concerne le comportement déterminé de Poutine. Mais certains doutent que Poutine aille au-delà de simples protestations.
e) Le vice-président de l’Académie russe des affaires géopolitiques, le général Leonid Ivachov, a déclaré que l’Iran devait se préparer à réagir à une attaque nucléaire, mais que si elle se produisait, la Russie se bornerait à condamner les frappes (« les États-Unis ont commis une erreur ») tout en déclarant que la victime avait elle-même provoqué cette attaque [33]. Dachitchev a également souligné dans son article de la Literaturnaïa Gazeta qu’il devait y avoir une réponse globale à une attaque globale [34]. Il y a déjà quelque temps, Dachitchev a qualifié le stationnement éventuel d’armes nucléaires US en Ukraine de « Cuba à l’envers ».
f) Effectivement, on ne risque pas de se tromper en supposant que le discours sans détours de Poutine à Munich a eu lieu dans le contexte d’une menace de guerre des USA contre l’Iran puisque ceux qui pré­disent une telle attaque sont de plus en plus nombreux [35].
g) Mais malgré cette situation, Poutine continue de suivre son conseiller en politique étrangère Karaganov qui lui conseille de ne pas risquer un conflit militaire avec les USA et d’éviter les conflits par des compromis. Le comportement de la Russie au sein du Conseil de sécurité montre qu’elle s’efforce, là aussi, d’aboutir à une désescalade.

4. L’exemple le plus récent de cette attitude a été donné à l’occasion de l’arrestation de 15 soldats britanniques par l’Iran. Au Conseil de sécurité, la Russie a veillé à ce que la résolution déposée soit rédigée de façon qu’elle ne contienne ni condamnation de l’Iran ni exigence de libération des soldats britanniques, mais qu’elle demande un éclaircissement rapide de l’affaire [36]. Plus tard, la Russie a exigé, après un entretien avec l’ambassadeur britannique à Moscou, un « rapport indépendant » de l’ONU [37]. Ainsi la Russie essaye d’empêcher une aggravation de la situation et de résoudre l’affaire pacifiquement dans le cadre du droit international. En contradiction avec cette position et avec ces faits, Die Welt écrit que « Poutine ne fait que couvrir les mollahs » et, sans examiner les faits, reproche à l’Iran de violer le droit international [38]. Même si cette position de la Russie n’est plus mentionnée dans les rapports sur la libération des soldats britanniques qui a eu lieu entre-temps, elle fut tout de même à l’origine de la solution pacifique du problème.

5. Si la Russie maintient ses positions, elle pourrait, malgré l’image très négative qu’elle a dans l’opinion des pays de l’UE (particulièrement en Allemagne), s’imposer comme une puissance mondiale qui s’engage en faveur de la sécurité et de la paix, alors que les USA renforcent de plus en plus leur réputation de foyer d’agitation et de source d’insécurité. Si cette attaque militaire de l’Iran par les États-Unis, prédite par beaucoup de monde, se fait malgré tout, la Russie poursuivra une politique de non-ingérence. Les États-Unis le savent naturellement et ils en tiennent compte dans leurs calculs stratégiques. La grande majorité des Russes en seront reconnaissants à leur gouvernement. La Russie en profitera politiquement et économiquement, qu’il s’agisse d’un gain de prestige, de ventes plus importantes et plus chères de ses richesses naturelles ou d’une augmentation du tourisme vers la Russie.

6. La quintessence de mes réflexions est donc que la Russie représente et représentera dans l’ordre mondial qui est en train de se développer un important facteur d’influence qui agit en faveur de la sécurité internationale, de la paix et de l’affirmation du droit international, mais qui sera prudent s’agissant de son potentiel et ne prendra pas de risques qui pourraient nuire au pays.

Sens des analyses scientifiques

1. Les analyses scientifiques devraient donner une image objective, réaliste de leur objet d’étude. Mais cela implique qu’elles soient—comme tout travail scientifique— dépourvues de préjugés, de clichés et d’idées préconçues [39]. Si ces conditions préalables ne sont pas données, ces analyses ne peuvent pas remplir leur fonction et contribuent à ce que la politique en tire de mauvaises conclusions qui —comme le montrent beaucoup d’exemples du passé— entraînent des résultats très négatifs. Tout analyste devrait être conscient de cette responsabilité. C’est surtout le cas lorsque les résultats évidents d’une étude vont à l’encontre des opinions de l’analyste. Or il faut quand même dire la vérité.

2. Un certain nombre de personnes se demanderont pourquoi je parle ici si souvent de la Constitution, des lois et des tribunaux russes alors qu’on prétend régulièrement que la Russie est très éloignée de l’État de droit et de la sécurité juridique. Mais cette généralisation est fausse et d’autre part, c’est justement une caractéristique de la politique poutinienne d’utiliser l’instrument du droit pour réaliser ses objectifs politiques. Certes, l’État de droit russe actuel ressemble plus à celui de ­Catherine II qu’à ceux d’Europe de l’Ouest. Mais si Poutine s’efforce de rester dans le cadre de la Constitution et des lois en vigueur, on ne devrait pas l’ignorer. Malheureusement, après le décès d’experts du droit de l’Est comme Boris Meissner et Brunner, il ne reste que peu de juristes en Allemagne qui s’occupent de façon approfondie de la législation russe.

3. Cela vaut également pour la question souvent posée de savoir ce qui va se passer après le départ de Poutine. Beaucoup d’observateurs spécialistes du développement de la Russie se sont presque bornés, ces quatre dernières années, à s’occuper de cette question, sans pourtant arriver à un résultat.
Ce qui est cependant certain, c’est que Poutine, d’après la Constitution, ne peut être réélu président l’année prochaine. Ce qui est certain également, c’est que la Constitution ne sera pas modifiée pour permettre la réélection de Poutine. Celui-ci a déclaré lui-même qu’il n’irait pas dans l’économie mais qu’il voulait continuer à occuper une fonction d’influence politique au sein de l’État.
En consultant la Constitution russe, on constate que tout le pouvoir exécutif est exercé par le gouvernement de la Fédération de Russie (article 110, § 1). C’est pourquoi le président qui sera élu le 2 mars 2008 pourrait, deux semaines après son entrée en fonctions, proposer à la Douma Vladimir V. Poutine comme candidat au poste de chef du gouvernement et, si la Douma est d’accord (article 111, § 1), le nommer Premier ministre. Ce serait sans doute une « position d’influence » dans l’État et pour un ancien président une fonction acceptable. Elle créerait une continuité conceptuelle aussi bien que personnelle

mardi 7 août 2007

Moba, des choix difficiles

Moba, des choix difficiles
(Le Révélateur 07/08/2007)


Les chefs traditionnels du territoire de Moba s'opposent ''farouchement au retour des Tutsi Rwandais dans le Territoire de Moba'', précisément à Vyura, indique un document publié selon toute vraisemblance depuis le 21 juillet. Les signataires, une douzaine de chefs coutumiers de ce territoire, craindraient que le retour de la Tanzanie de ces réfugiés tutsis congolais ne soit à nouveau une menace contre ''la paix et la tranquillité que sont les acquis combien chers de la démocratie montante''.

Ils assurent ne vouloir transiger d'aucune façon sur cette déclaration et demande ''au Gouvernement et à la Communauté Internationale de prendre acte de la présente déclaration laquelle exprime les aspirations de la population du Territoire de Moba''. Les chefs traditionnels du territoire de Moba argumentent leur déclaration par ''le refus notoire des Tutsi Rwandais, ayant résidé dans le Territoire de Moba avant la guerre d'agression, de s'intégrer dans la communauté''.

Ils étayent leur argumentaire par les ''les velléités hégémonistes'' enregistrée dans le chef de leurs hôtes qui avaient tenté de créer avant 1975 ''une chefferie de fait dans le Secteur de BENA KAMANIA'', un fait ''considéré comme étant une menace grave à la République'' lors des congrès du MPR. ''Et, c'est ce qui fut fait en 1975 lorsque les Tutsi Rwandais partirent s'installer à Vyura'', indiquent les chefs de Moba. Ils mirent ensuite en place un autre territoire ''dont la rivière Lufuko était la limite au Sud '', renseignent-ils.

Parmi les griefs, ils citent également la ''création anarchique d'un aérodrome, de plusieurs écoles, églises, etc.'' et d' ''avoir envoyé des jeunes gens en renfort au Rwanda pendant la guerre débutée en 1990 pour grossir les rangs de leurs frères Tutsi. Les premiers cités sont revenus militaires à l'entrée de l'AFDL'', renseignent les chefs de Moba qui les accusent en plus de ''vol du bétail des sociétés d'élevage ELGYMA/PEPA et ONDE/KANSIMBA jusqu'à la faillite de cette dernière'' et d' ''avoir pâturé intentionnellement leur bétail dans les champs des autochtones, et cela sans aucun dédommagement aux victimes''. Ils sont également accusés de slave drivers face à leurs travailleurs autochtones assassinés lorsqu'ils ''osaient réclamer leur salaire''.

L'intransigeance des Chefs s'explique en plus du fait qu'avant leur départ en exil, ils n'ont nullement manifesté de la considération pour l'autorité traditionnelle dont ils devraient répondre : ''refus de s'acquitter de la redevance coutumière'', lequel refus s'est soldé par l'humiliation '' à coups de fouet du Grand Chef NGANIE, en signe de refus du payement de la redevance coutumière ''.

Les Chefs coutumiers dénoncent enfin des choses graves, notamment ''l'assassinat du Chef Coutumier du groupement KABWELA enterré vif dans une même tombe avec son neveu'', actes dits tabous au regard de la personnalité '' sacrée '' du chef selon leurs '' us et coutumes ''. Ainsi pensent-ils que c'est un sacrilège de les voir '' résider dans le pays (l'entité) où régnait le de cujus ''.


Moba a vacillé dans la violence

Aujourd'hui, l'opinion nationale saisit clairement ce qui s'est produit jeudi 4 août aux petites heures du matin lorsqu'une foule d'environ 1 000 personnes s'est ruée sur la Base de la MONUC. La foule protestait contre un éventuel rapatriement des réfugiés congolais Banyamulenge sur le territoire de Moba. Les manifestants se sont attaqués contre les installations de la mission onusienne et du Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) jusqu'à ''caillasser'' les véhicules de la MONUC et vandaliser la résidence des observateurs militaires. Les onusiens n'ont eu la vie sauve que grâce à leur équipement, dont un hélicoptère à bord duquel ils ont été évacués plus au sud vers Kalemie.


La MONUC s'inquiète

Cette situation a été qualifiée d'inquiétante par la MONUC. C'est plus la haine intercommunautaire, ethnique ou tribale, l'intolérance, l'exclusion et à la xénophobie enregistrées selon la mission onusienne, non seulement à l'Est, plus particulièrement dans les Kivus, mais également à Kinshasa. La MONUC s'inquiète de la tournure que peut prendre l'exclusion d'une partie des citoyens d'un pays et le fossé qui peut se creuser. ''Qu'ils soient le fruit de l'expression d'une frustration spontanée ou de campagnes délibérées, ces propos sont inadmissibles et inacceptables'', lit le communiqué de la MONUC. La MONUC croit que les politiques manipulent '' la population pour servir leurs propres desseins '' tout en mettant en garde contre '' les conséquences tragiques de tels agissements dans l'histoire de la RDC et de bien d'autres pays ''.

'' Le retour à la stabilité, la sécurité et la paix en RDC ne pourra se faire que par le biais d'une véritable réconciliation nationale, à laquelle tous doivent participer, sans réserve et sans exclusive. Les populations ainsi que leurs leaders- communautaires, politiques, religieux, coutumiers- ont la responsabilité de créer les conditions qui permettront aux citoyens de ce pays de coexister en paix et d'envisager l'avenir avec sérénité '', poursuit le communiqué de la MONUC, auquel rétorquent les originaires de cette partie du pays par le fait que ces réfugiés ne cessent de former des groupes homogènes, une attitude qui ne favorise pas cette réconciliation nationale.

Moba est aujourd'hui plus que jamais en face de son destin. Il a des choix à opérer. Entre sa '' paix et la tranquillité '' d'une part et la stigmatisation, de l'autre.


Le Révélateur

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mardi 31 juillet 2007

Génocide 94, perpétré par Hutus contre Tutsis ?

Le Devoir
LIVRES, samedi 21 avril 2007, p. f7
Histoire
Nouvelles réflexions sur le Rwanda

Le, Devoir

Pendant la récente campagne électorale, la tragédie rwandaise de 1994 est revenue dans l'actualité québécoise. En accusant le
candidat péquiste Robin Philpot de «négationnisme», le journal La Presse a relancé le débat. Fallait-il, oui ou non, réduire les
événements de 1994 à un génocide perpétré par les Hutus contre les Tutsis?

Dans La Véritable Histoire des génocides rwandais, un essai paru dans une version revue et augmentée en 2006, le chirurgien et
politicien français Bernard Debré présente sa version des faits. Il s'agit d'une intéressante contribution à ce débat.

Ce ne sont pas, écrit Debré, les colonisateurs qui ont créé les divisions ethniques au Rwanda. Elles étaient préexistantes à la
venue des Européens. Jusqu'au XXe siècle, la minorité tutsie, convaincue de sa supériorité, tenait le haut du pavé. L'arrivée des
missionnaires belges dans le pays contribuera à réveiller la conscience politique des Hutus, mais les élites belges choisiront
néanmoins d'appuyer le pouvoir tutsi. En 1955, on assiste à un changement de programme. Le colonisateur se tourne vers les
Hutus en quête de pouvoir. Ces derniers laissent alors libre cours à leur haine des Tutsis. En 1959, le sang coule: «Ces
massacres représentent le premier génocide anti-Tutsi perpétré par les Hutus.»

En 1962, l'indépendance est proclamée, mais les tensions ne s'apaisent pas. Dans les trois décennies suivantes, en représailles
contre les Tutsis qui tentent de reprendre le pouvoir, les Hutus se livrent à des massacres qui entraînent l'exode de milliers de
Tutsis. Réfugiés en Ouganda, un pays appuyé par les Américains, les exilés tutsis s'organisent et tenteront, à partir de 1990, de
reprendre le pouvoir au Rwanda. De manière ambiguë, les forces françaises interviendront pour sauver le régime en place, mais
les raids incessants du FPR, l'armée tutsie de l'extérieur, stimuleront le racisme des Hutus. Les médias proches du pouvoir
lancent des appels au génocide. Le 6 avril 1994, l'avion du président hutu Habyarimana est abattu. Pour Debré,
il ne fait pas de
doute que c'est le FPR de Kagamé qui est responsable de cet attentat. Ce geste vise à susciter le chaos qui justifiera sa guerre
de «libération».

Les massacres systématiques de Tutsis de l'intérieur commencent le lendemain. Faut-il parler de génocide? Oui,
répond Debré sans hésiter
. Ce déchaînement de violence était planifié, organisé. Toutefois, «tout le peuple hutu n'est pas
coupable de génocide, bien que ce soit ce que veut faire croire l'armée tutsie». L'ONU, quant à elle, «participe au génocide en
décidant de ne pas agir».

Pour plusieurs, l'histoire finit là. Selon Kagamé, en juillet 1994, «la guerre est finie». Faux, réplique Debré: «
Le nettoyage
ethnique organisé par les Tutsis se révèle aussi brutal et organisé que le génocide perpétré par les Hutus.
» Le Zaïre de
Kabila, appuyé par Kagamé et les Américains, y contribue, en pourchassant les réfugiés hutus.

Aussi, conclut Debré, «deux génocides ont été commis, et la première puissance du monde voudrait qu'il n'y en eût qu'un, parce
que tel est son intérêt». Quant à la France, si elle a fait fausse route en appuyant une démocratisation à l'occidentale du Rwanda
qui ne pouvait mener qu'à une «dictature de l'ethnie la plus nombreuse», on ne peut l'accuser de complicité de génocide. Sa
volonté d'empêcher les massacres ne fait pas de doute, mais la communauté internationale lui a mis les bâtons dans les roues. Le
Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), pour sa part, se discrédite en s'obligeant à n'«enquêter que sur des faits qui
se sont produits avant le mois de juillet 1994».

Une nouvelle version des faits

Expert auprès du TPIR et spécialiste de l'histoire de l'Afrique, Bernard Lugan va beaucoup plus loin que Debré dans sa relecture
des faits. Dans Rwanda. Contre-enquête sur le génocide, il remet radicalement en question la version officielle des événements
mise en avant par le TPIR et à laquelle il a déjà adhéré. Depuis 10 ans, écrit-il, «l'historiographie du génocide a été renouvelée en
profondeur», notamment grâce aux témoignages d'anciens du FPR, et elle impose de nouvelles hypothèses troublantes.

Ainsi, selon Lugan,
l'attentat contre l'avion du président Habyarimana est bien le fait du FPR. De même, plusieurs
assassinats de responsables hutus modérés, entre 1991 et 1994, jusqu'à maintenant attribués au régime
d'Habyarimana, auraient été ordonnés par le FPR. Les milices extrémistes hutues auraient été infiltrées par les
hommes de Kagamé dans le but de «provoquer le chaos afin de créer l'irréversible et de discréditer les Hutus aux yeux
de l'opinion internationale»
.

Sur la question du génocide comme tel, Lugan n'hésite pas à contester la version du TPIR: «Dans l'état actuel des
connaissances, il y a donc bien eu génocide, mais ni préméditation, ni planification. [...] Il a commencé dans certaines régions
du Rwanda sous forme de crise de folie collective éclatant à la suite de l'assassinat du président Habyarimana et de la reprise de
la guerre par le FPR.» Quant aux tueries de Hutus commises par le FPR, elles relèveraient, selon Lugan, de crimes de guerre ou
de crimes contre l'humanité et ne pourraient être qualifiées de «génocide».

Une autre facette de ce dérangeant et substantiel ouvrage intéressera les lecteurs québécois: celle qui concerne le rôle du général
Dallaire. L'historien ne lui fait pas de cadeau. Il le présente comme trop «fragile», velléitaire, et conteste sa neutralité en
suggérant qu'il aurait été trop près du FPR. Il évoque «son interventionnisme brouillon, son manque de méthode et son
incompétence». Il affirme que la source sur laquelle il s'est fondé pour annoncer la planification du génocide est douteuse, n'a
pas été vérifiée et serait liée au FPR.

Si Lugan a raison - une hypothèse qu'on laissera ouverte et soumise aux experts compétents -, la version majoritairement
partagée du génocide rwandais est à revoir. Il importe toutefois de noter que Lugan est un universitaire qui ne fait pas
l'unanimité. Dans un article contesté, l'encyclopédie Wikipedia associe cet africaniste à l'extrême droite et souligne que ses
travaux sont très controversés.

Collaborateur du Devoir

***

La véritable histoire des génocides rwandais

Bernard Debré

Jean-Claude Gawsewitch éditeur

Paris, 2006, 208 pages

Rwanda

Contre-enquête sur le génocide

Bernard Lugan

Privat

Toulouse, 2007, 336 pages

lundi 30 juillet 2007

Immigrazione dall’Italia Meridionale
di Nicola Colella

Riuscite ad immaginare che cosa significhi dire addio alla propria famiglia, alla propria casa e agli amici? Partire per un paese straniero, senza conoscerne la lingua, e con pochissimi soldi, in pratica nessuno? Chi sarebbe disposto a fare una cosa del genere? Perché mai qualcuno dovrebbe fare qualcosa di così drastico?

Quella che segue non è una “bella storia.” È comunque una STORIA VERA, che finisce bene, e che deve essere raccontata, e raccontata in continuazione perché le generazioni future non dimentichino. E’ la storia dell’emigrazione delle nostre famiglie in America…perché vennero e cosa significò per loro vivere là.


Andare in America

La maggior parte degli immigrati non partì mai col progetto di stabilirsi definitivamente in America. C’è addirittura un'espressione coniata appositamente per gli italiani: ”Uccelli di passaggio” in quanto il loro intento era di venire come lavoratori migranti. Nonostante il 75% degli immigrati italiani fossero agricoltori in Italia, non aspiravano ad esserlo negli Stati Uniti (in quanto questo implicava una permanenza che non era nei loro piani). Al contrario, si diressero verso le città dove c’era richiesta di lavoratori e dove le paghe erano relativamente alte. Molti uomini lasciarono a casa mogli e bambini, perché convinti di ritornare (e molti, moltissimi lo fecero). In ogni caso, per molti immigrati italiani l’emigrazione non fu mai da intendere come un ripudio dell’Italia. In effetti, essa rappresentò una difesa dello stile di vita italiano, in quanto i soldi spediti a casa aiutavano al mantenimento della struttura tradizionale. Piuttosto che una sistemazione permanente, cercavano in città la possibilità di lavorare per un salario (relativamente) alto, così da risparmiare abbastanza da poter tornare in Italia a condurre una vita migliore. Fatto certamente lodevole, anche considerate le difficili condizioni di vita dell’Italia meridionale in quei tempi. Queste condizioni furono il risultato di molti fattori diversi.

La Storia

La maggior parte dell'immigrazione italiana venne dall'antico Stato indipendente e sovrano del Regno delle Due Sicilie. Il Regno delle Due Sicilie fu invaso nel 1860 ed occupato militarmente, senza dichiarazione di guerra, dal regno piemontese dei Savoia (Regno di Sardegna). Seguirono dieci anni di guerra civile sanguinaria, durante la quale furono assassinati circa un milione tra Napoletani e Siciliani. Tutto il patrimonio monetario fu rapinato dalle casse dello Stato delle Due Sicilie e perfino i macchinari delle fabbriche napoletane furono portati al Nord dove in seguito sorsero le industrie del Piemonte, della Lombardia e della Liguria (il cosiddetto "triangolo industriale"). A questo si aggiunse poi la depressione economica causata dalle politiche colonizzatrici dell'Italia "unita." Per molti Napoletani e Siciliani l'unica via di salvezza fu l'emigrazione.

(Il paragrafo suddetto e la cartina dell'Italia del sud per gentile concessione dell' Associazione Culturale Due Sicilie)

Sebbene i problemi dell’Italia meridionale possano essere attribuiti al suo sfruttamento da parte della sua stessa gente, non credo che sia corretto (e storicamente provato) addossare unicamente alla popolazione settentrionale l’intera responsabilità per tali sofferenze. Infatti, per secoli, tutta la penisola italiana fu divisa in stati feudali, e spesso le potenze straniere avevano il controllo sopra uno o molti di questi stati. In una tale situazione caotica, il sistema feudale regolava il sistema economico. In particolare, il sistema feudale permetteva che la proprietà terriera, tradizionalmente ereditaria, determinasse il potere politico e lo status sociale di ogni individuo. In questo modo, le classi povere non ebbero praticamente alcuna possibilità di migliorare la propria condizione. Ma, senza dubbio, il popolo del Sud dovette sopportare un maggior numero di difficoltà rispetto a quello del nord. Il governo Italiano era dominato dai rappresentanti del Nord, e il Sud era gravato da alte tasse e tariffe protezionistiche sui prodotti industriali settentrionali. Inoltre, molti dei problemi dell’Italia meridionale possono essere attribuiti alla mancanza di carbone e minerale di ferro, indispensabili all’industria, all’estrema scarsità di terra coltivabile, all’erosione del suolo e alla sovrappopolazione. Al Nord, invece, un alto tasso d’industrializzazione comportò meno povertà e difficoltà in campo agricolo. Come se non bastasse, diversi disastri naturali sconquassarono l’Italia meridionale all’inizio del 20° secolo: il Vesuvio eruttò seppellendo un’intera città vicino a Napoli e si ebbero l’eruzione dell’Etna, il terremoto del 1908 e la marea che irruppe nello Stretto di Messina uccidendo più di 100.000 persone nella sola città di Messina.

La Vita in un Nuovo Mondo

E così…giungemmo in America, a centinaia su centinaia di migliaia, fino a quando non fummo più di quattro milioni. Affrontammo la povertà, la discriminazione e l’isolamento dovuti al fatto di essere in una terra straniera. La maggior parte degli immigrati era molto giovane quando venne in questo paese. Scoprirono che non solo le strade non erano lastricate d’oro, ma che erano proprio loro quelli che dovevano lastricare quelle strade. Venimmo in un luogo che ci trattava da persone inferiori. Venivamo considerati sporchi e stupidi, perfino “di colore”. Imparammo ad adattarci, ad andare d'accordo col resto della popolazione , e a nascondere la nostra nazionalità straniera; ma, non smettemmo mai di essere orgogliosi di ciò che eravamo e del luogo da dove venivamo. La struttura dominante della società tentava di umiliarci, ma noi continuammo a testa alta. Imparammo una seconda lingua, trovammo un lavoro, ci riunimmo in associazioni e comprammo case nostre. Imparammo a farcela nonostante il pregiudizio. Ci sostenemmo a vicenda e facemmo addirittura in modo di conservare il nostro stile di vita in Italia mandando a casa grandi quantità di denaro. Negli Stati Uniti, gli Italiani si mobilitarono per preservare la loro cultura. Nei quartieri Italiani fiorirono molti negozi ed attività gestite da italiani. Gli italiani si abituarono a comprare da altri italiani. Mantenemmo il nostro denaro entro la comunità e prosperammo. Mi ricordo che mio padre non avrebbe mai comprato da un “medigan” (americano) se avesse potuto farlo da un Italiano. Nelle maggiori città vennero pubblicati giornali Italo-Americani, si formarono società di fratellanza e di aiuto agli immigranti – ad esempio i Figli d’Italia ecc..-. Tutto questo favorì ampiamente il costante sbarco d’immigrati che, oltre alla forte concezione italiana del lavoro, portarono balli, musica, e cibo! Oggigiorno, infatti, gli alimenti italiani stanno alla base della dieta americana.

Little Italy New York City Circa 1905

dimanche 29 juillet 2007

Armi: boom per l'export italiano nel 2006


Armi: boom per l'export italiano nel 2006. La nuova classifica delle "banche armate": in testa San Paolo-Imi, ma c'è ancora Banca popolare di Milano. Un'esclusiva di Altreconomia

È ancora San Paolo-Imi la regina delle “banche armate
”. Nel 2006 sui conti dell'istituto torinese sono transitati ben 446 milioni di euro frutto di transazioni internazionali per la compravendita di armi.

L'anno precedente erano 164 milioni. Secondo i primi dati del rapporto introduttivo alla Relazione della Presidenza del Consiglio sull'export italiano di armi, diffusi da Altreconomia in esclusiva, San Paolo ha canalizzato circa un terzo dei flussi di cassa del settore, che nell'ultimo anno sono cresciuti del 32% circa, passando da 1,125 a 1,492 miliardi di euro.

A seguire le altre tra cui il gruppo BNP-Paribas, Unicredit, Banca nazionale del lavoro (Bnl), Banca Intesa, Banco di Brescia ed anche Banca popolare di Milano.

Lo scorso anno c'è stata anche un'impennata in quanto a nuove autorizzazioni alle transazioni, che crescono del 61%, passando da 1,36 a 2,19 miliardi di euro. Dietro l'exploit ci sono alcune grandi commesse, come il contratto per gli elicotteri militari Usa di Agusta (nella foto, l'elicottero che diventerà Marine One), che vola fino a 810 milioni di euro di vendite (il 38% circa del totale italiano).

di Francesco Vignarca


Export di armi: il valore delle nuove transazioni autorizzate

La prima relazione sull'export italiano di armi del governo Prodi, più puntuale del passato ma ancora incompleta, presenta dati dirompenti, in quantità e qualità. Il valore complessivo delle autorizzazioni all'esportazione rilasciate nel 2006 sale infatti a ben 2,19 miliardi di euro, contro gli 1,36 miliardi del 2005. Si tratta dei volumi più alti degli ultimi 10 anni, che superano di poco il picco del 1999.

Scorporando i dati in fasce di importo si conferma la tendenza ad avere molti contratti di piccole dimensioni (ben il 96% è relativo a materiali di valori inferiori ai 10 milioni), mentre il peso maggiore in termini finanziari lo si ha con pochi contratti “formato maxi” (sono 12, il doppio dello scorso anno, corrispondenti all'1,4%). Queste autorizzazioni molto remunerative fanno la parte del leone nella torta degli introiti previsti, sfondando il muro del miliardo e cento milioni di euro e superando il 50% del totale (contro il 27% dello scorso anno). Anche per quanto riguarda le esportazioni definitive, conseguenti alle autorizzazioni degli scorsi anni, si è avuta una crescita del 12% con un importo complessivo di 937 milioni di euro.



Le aziende: chi sono i campioni dell'export


I principali campioni dell'export bellico italiano sono sempre gli stessi: Agusta, Alenia, Oto Melara, Avio, Selex... tutti in qualche modo gravitanti nella galassia Finmeccanica. In particolare, la palma del migliore esportatore va ad Agusta che, forte anche del contratto per gli elicotteri militari Usa, vola fino ad 810 milioni di euro di vendite (il 38% circa del totale italiano). Agusta si conferma come lo scorso anno in testa alla classifica, ma aumenta di ben 4 volte e mezzo il valore complessivo dei propri affari con l'estero. Le altre aziende, però, non possono certo lamentarsi: Alenia Aeronautica triplica il proprio export, mentre Oto Melara e Avio lo raddoppiano quasi.



Dove finiscono le nostre armi

Per quanto riguarda i Paesi destinatari dei nostri prodotti bellici e militari, si confermano sostanzialmente le fette di mercato degli ultimi anni: il 63% verso i Paesi della Nato o dell'Ue, e il restante per i Paesi fuori Unione o fuori Alleanza. Tra i primi, ai vertici della classifica troviamo gli Stati Uniti d'America (sempre per l'affare degli elicotteri, per un totale di 350 milioni), seguiti da Polonia (227 milioni), Regno Unito (160 milioni) e Austria (152 milioni). Da soli i Paesi appartenenti alla Unione europea e alla Nato hanno messo insieme consegne di armi italiane superiori al totale complessivo esportato nel 2005 (1396 milioni contro 1360 milioni). Dati interessanti derivano invece dall'analisi delle esportazioni avvenute verso nazioni non Ue e non Nato. Al vertice troviamo gli Emirati Arabi Uniti (secondi anche nella speciale classifica delle operazioni di esportazione definitiva), che riceveranno ben 338 milioni di euro di armamenti made in Italy.

I ricchi petrolieri del deserto hanno ordinato in Italia armi o sistemi d'arma di calibro superiore ai 12,7 millimetri, bombe, siluri, razzi, missili (con relativi accessori), navi da guerra e aeromobili. Senza dimenticare apparecchiature elettroniche e di collaudo e munizioni varie. Un carrello della spesa bello pieno, solo di poco inferiore a quello Usa. Molto più distanti, tutti al di sotto degli 80 milioni di euro, gli altri Paesi di questo gruppo, per i quali le nostre aziende hanno ricevuto le prescritte autorizzazioni.

Nella lista ci sono nomi poco rassicuranti: l'Oman (78 milioni per una nazione così piccola?), la Nigeria (teatro recentemente di sequestri ai danni di tecnici italiani dell'Eni), la Corea del Sud incuneata in una delle aree più delicate del pianeta. In attesa di capire, con la pubblicazione delle tabelle integrali, quali tipi di arma siano finiti nelle varie destinazioni, è utile citare altri Paesi rilevanti per l'export in area non-Ue/non-Nato: India e Pakistan, con la solita suddivisione quasi ecumenica (27 milioni a 22), il Venezuela e poi Libia e Singapore.
Pur con l'incapacità di coprire ogni aspetto dell'intermediazione e con tutti questi buchi di fondo (già illustrati da Altreconomia lo scorso anno nell'articolo “Tutti i buchi della lista”, http://www.altreconomia.it/index.php?module=subjects&func=viewpage&pageid=356) la lista delle “banche armate” continua ad assumere un'importanza fondamentale nel denunciare le forti contraddizioni di un comparto produttivo italiano per il quale sembra valere come sempre il motto latino “pecunia non olet”. I dati del 2006, che anche in questo caso dovranno essere poi incrociati con tutti i dettagli relativi a destinazioni e sistemi d'arma, mostrano da subito alcune tendenze interessanti. Complessivamente, c'è stato un incremento del 6% delle autorizzazioni a operare rilasciate agli istituti di credito da parte del ministero delle Finanze. In termini monetari, ciò comporta un balzo nelle transazioni relative a esportazioni definitive di armamento: da 1125 milioni si passa a 1492 milioni di euro (incremento del 32% circa). In pratica le banche hanno avuto maggiori possibilità di operare nel comparto dell'export bellico, come conferma pure il dato globale sui flussi finanziari in calo dal 2004 al 2005 (2012 milioni contro 1775) ma in forte risalita nell'anno successivo quando si è arrivati a 2,27 miliardi di euro.



Cresce il ruolo delle filiali di banche estere

Continua il trend che vede le banche estere con filiali operanti in Italia accrescere la propria quota di questo mercato: 17% nel 2004, poi 35% nel 2005 e infine 38% nel 2006. In questi mesi si sono levate voci allarmate per l'erosione della leadership italiana su questi affari, gridando alla perdita di controllo politico e sociale causata dalla troppa pressione operata dalle campagne e dai soggetti del mondo del disarmo. Quasi a dire che gli affari delicati è meglio “farli in casa” così almeno possiamo sapere qualche dato in più. I dati sembrerebbero dare ragione a tali paure, ma a discapito di queste profezie allarmistiche va un'analisi più particolareggiata dei numeri. Tra il 2005 ed il 2006 la fetta di flussi finanziari controllata dagli istituti di credito italiani è passata, in termini assoluti, da 1145 milioni di euro a 1395 milioni di euro. Nonostante le campagne, gli articoli e le pressioni di associazioni e organismi della società civile... Come a dire che, nonostante non si sia ritornati ai livelli del 2004, anche le banche tricolori stanno riprendendo a fare i loro buoni affari di transazione e che l'aumento della quota straniera si deve solo al fatto che “c'è più trippa per tutti”, visto l'incremento complessivo già analizzato.



La nazionale delle “banche armate”

I protagonisti della partita sono sempre gli stessi: il gruppo SanPaolo-Imi incrementa in maniera esponenziale la propria quota passando da 164 milioni di transazioni a ben 446 milioni. Anche il gruppo Bnp-Paribas supera la quota massima dello scorso anno, attestandosi sui 290 milioni di euro. Questi due istituti coprono da soli praticamente la metà delle transazioni dovute a esportazioni definitive. A seguire vengono Unicredit (in flessione del 15%), la Banca nazionale del lavoro (+33%), Deutsche Bank (-14%), Banco di Brescia (con uno sbalorditivo +95%) e Commerz Bank (in crescita dell'85%).

Tutte queste banche si piazzano in una fascia dai 74 agli 87 milioni di euro di transazioni. La Banca popolare italiana, che passa da 14 a 60 milioni, guida il gruppo di tutte le altre inseguitrici dai 60 milioni di euro in giù. Preoccupa in questa fascia la ripresa delle autorizzazioni su Banca Intesa che aveva annunciato un cambio di politica negli scorsi anni ma passa da 163.000 euro a 46 milioni, e che ora dovrà affrontare la sfida della fusione con SanPaolo-Imi. Problematica risulta pure la presenza di Banca popolare di Milano (17 milioni di euro -50% dallo scorso anno), al centro di una grossa discussione insieme a Banca Etica di cui è socia fondatrice e per la quale opera anche all’interno di Etica Sgr e della gestione fondi.

Va infine notata la drastica discesa delle autorizzazioni riferite a Banca di Roma, circa 100 milioni di euro in meno in un anno (da 133 a 36), così come spariscono in pratica alcuni istituti di respiro più locale legati a commesse particolari e forse episodiche (Cassa di risparmio della Spezia). Nel complesso un mercato italiano degli armamenti in piena salute e capace di valorizzare al meglio la crescita di impatto e di forza del colosso nazionale Finmeccanica. Spesso e volentieri non considerando pienamente indicazioni e riflessioni di carattere sociale e politico, come invece prescrive in modo chiaro e trasparente la nostra legislazione, magari non perfetta... magari da migliorare... ma checi permette ancora -e come ogni anno- di condurre le nostre opportune riflessioni a partire da dati certi e incontrovertibili.

jeudi 26 juillet 2007

Afrocentrisme(Wikipedia)

En général, les principaux auteurs du courant de pensée dit afrocentrique récusent le terme d'« afrocentrisme ». Ce dernier leur a été assigné par certains de leurs détracteurs africanistes[1], c'est-à-dire -selon Théophile Obenga- les spécialistes « étrangers » des études africaines[2]. D'ailleurs, Asante Kete Molefi qui a configuré cette tradition intellectuelle l'a renommée « afrocentricity »[3], plutôt que « afrocentrism ». Toutefois, stricto sensu on comprend « afrocentricité » comme un paradigme de connaissance africaine du monde en général, de l'Afrique et ses diasporas particulièrement ; tandis qu'« afrocentrisme » consisterait dans une manière d'être, de penser ou d'agir selon ce paradigme.

Selon Ama Mazama,

« L'Afrocentricité est l'une des réponses forgées par les Africains afin de remédier à la situation de dépendance dans laquelle nous nous trouvons, en dépit d'une indépendance nominale. [...] Ce qui définit donc l'afrocentricité, c'est le rôle crucial attribué à l'expérience historique, sociale et culturelle africaine prise de façon systématique et consciente comme ultime point de référence. Cela a deux conséquences immédiates. La première est que l'Afrique est autoréférentielle. [...] La deuxième conséquence est que l'expérience africaine n'a pas besoin d'être légitimée et validée de l'extérieur, et sûrement pas par l'Occident.[...] Il est important de bien comprendre, cependant, que l'Africanité et l'Afrocentricité ne sont pas synonymes. L'on peut être africain, en fait l'on est souvent africain sans être afrocentrique. A l'inverse, l'Afrocentricité subsume l'Africanité et assume vis-à-vis de celle-ci une attitude pro-active.[4] »

Le courant de l'afrocentricité serait donc une tentative africaine (Afrique et diaspora africaine) d'autodétermination épistémologique, culturelle, politique, économique, etc. par rapport à l'occidentalisation du monde : des manières de pensée, d'être et d'agir.

Human Rights Watch dénonce des «exécutions» de détenus

Human Rights Watch dénonce des «exécutions» de détenus
(Cyberpresse 25/07/2007)


L'organisation de défense des droits de l'Homme basée à New York, Human Rights Watch (HRW), a affirmé mardi que la police rwandaise avait tué au moins 20 prisonniers depuis novembre 2006 et appelé à une enquête indépendante sur ces «exécutions».

Dans le résumé d'un rapport de 37 pages publié mardi, HRW affirme que «des officiers de la police nationale rwandaise ont tué par balles au moins 20 détenus lors de 10 incidents entre novembre 2006 et mai 2007», ajoutant que «beaucoup de ces meurtres semblent être des exécutions extrajudiciaires».

«Le Rwanda affirme qu'il fait des efforts pour mettre en place un état de droit», affirme Alison Des Forges, responsable du département Afrique de HRW.

«Tuer des détenus n'est pas le moyen d'y parvenir. La police nationale rwandaise doit faire en sorte que ces meurtres cessent», a-t-elle réclamé.

HRW demande également que ces meurtres «fassent rapidement l'objet d'une enquête (...) indépendante et impartiale».

Selon l'organisation, le chef de la police nationale rwandaise, Andrew Rwigamba, a reconnu la mort de ces 20 détenus dans un communiqué envoyé à HRW.

Tous les détenus ont été tués par balles alors qu'ils tentaient de s'échapper ou en tentant de dérober des armes à des policiers, et des enquêtes sont en cours, affirme le chef de la police cité dans le résumé du rapport.

Selon HRW, certains des détenus tués étaient accusés de crimes contre des survivants du génocide de 1994 au Rwanda ou contre des personnes impliquées dans le processus des «gacaca», les tribunaux populaires chargés de juger les auteurs présumés des massacres de 1994.


Agence France-Presse

Nairobi